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Uranium Namibie : la Chine met 320 M$ dans la mine d’Etango

Vue aérienne de la mine d'uranium de Husab, dans le désert du Namib : l'uranium de Namibie attire les capitaux chinois

L’uranium de Namibie attire un nouveau capital chinois. Le 24 septembre 2026, CNNC Overseas Limited (CNOL), filiale du groupe nucléaire public China National Nuclear Corporation (CNNC), a finalisé son entrée dans le projet Etango de l’australien Bannerman Energy : 320,4 millions de dollars (environ 185 milliards FCFA) pour une participation économique de 42,75 %. L’opération tombe au moment où Windhoek tente de mettre Pékin et Washington en concurrence sur un critère : qui acceptera de transformer les minerais sur place.

Etango : 320,4 millions de dollars et 60 % de la production

Selon Bannerman Energy, les 320,4 millions de dollars se décomposent en 294,5 millions investis dans la coentreprise qui porte le projet et 25,9 millions remboursés à Bannerman. Le groupe australien garde 52,25 % du projet. Surtout, CNOL obtient un droit sur 60 % de la production effective de concentré d’uranium pendant toute la durée de vie de la mine.

La mine est dimensionnée pour une production moyenne d’environ 3,5 millions de livres d’oxyde d’uranium par an, soit près de 1 588 tonnes. Grâce à cet apport, la construction se fera sans dette. « Une construction d’Etango sans endettement réduit considérablement le profil de risque financier pendant les travaux », a souligné Brandon Munro, président exécutif de Bannerman. La décision finale d’investissement et le lancement des travaux à grande échelle sont attendus au quatrième trimestre 2026.

Autrement dit, la Chine ne se contente pas d’investir : elle sécurise son approvisionnement pour un parc nucléaire en expansion. Plusieurs mines d’uranium namibiennes, dont Husab, sont déjà exploitées ou financées par des groupes chinois. Selon des données citées par Reuters, les entreprises chinoises auraient investi environ 4,2 milliards de dollars (environ 2 430 milliards FCFA) en Namibie, presque entièrement dans les métaux.

Uranium, lithium, terres rares : ce que la Namibie met sur la table

Le pays, présenté comme le troisième producteur mondial d’uranium et le premier d’Afrique, dispose aussi de lithium, de terres rares, de cuivre, de graphite ou de manganèse. Fin septembre 2026, à New York, la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah a répété devant des investisseurs américains que la Namibie voulait des capitaux sur toute la chaîne de valeur : exploration, extraction, transformation, raffinage et fabrication. Le message était proche de celui qu’elle avait délivré en juillet 2026 à Pékin devant des investisseurs chinois.

Windhoek a posé ses conditions dès 2023 en interdisant l’exportation de lithium non transformé et d’autres minerais critiques, à l’image du Zimbabwe. Pékin, de son côté, s’est engagé en 2026 à soutenir la transformation locale des minerais critiques et de l’uranium namibiens, selon RFI.

Washington arrive plus tard, avec une urgence

Les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance aux chaînes dominées par la Chine. Le 14 janvier 2026, la Maison Blanche a qualifié la dépendance américaine aux importations de minerais critiques transformés de risque pour la sécurité nationale. Le problème de Washington n’est pas seulement l’accès au minerai : c’est le raffinage et la fabrication des composants, exactement les étapes que la Namibie veut attirer chez elle.

Sur le papier, les intérêts se rejoignent : Washington veut diversifier ses fournisseurs, Windhoek ses investisseurs. Mais le test sera concret. Une entreprise américaine viendra-t-elle seulement acheter du minerai, ou financera-t-elle une usine de transformation en Namibie ? Les groupes chinois arrivent souvent avec un modèle intégré, du financement à l’achat du minerai ; leurs concurrents occidentaux dépendent davantage d’investisseurs privés, plus exigeants sur la rentabilité et les délais.

Le vrai indicateur : la part exportée brute

Transformer sur place ne se décrète pas. Il faut de l’électricité abondante et bon marché, de l’eau dans un pays désertique, des routes, des compétences et des clients. La Namibie mise sur le port de Walvis Bay et sur ses projets d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables pour attirer des industries gourmandes en énergie.

Etango résume la question que Windhoek veut désormais inscrire dans chaque négociation : le minerai sera extrait en Namibie, mais où se fera la transformation la plus sophistiquée, et quelle technologie restera dans le pays ? Le succès de la stratégie ne se mesurera pas au nombre de délégations reçues, mais à la part des minerais critiques qui quittent encore le pays à l’état brut. Si elle ne baisse pas, la rivalité entre Pékin et Washington n’aura changé que l’identité des acheteurs.

Sources

  • Bannerman Energy, « Completion of CNOL Strategic Financing Transaction », 24 septembre 2026 : annonce reprise par capital.com
  • World Nuclear News, « Bannerman partners with CNNC for Namibian uranium project » : wnn.world-nuclear.org
  • Agence Ecofin, « Minerais critiques : entre la Chine et les États-Unis, la Namibie cherche à attirer les capitaux », 28 septembre 2026.
  • AllAfrica / RFI, « Namibie : les raisons du soutien de la Chine à la transformation locale des minerais stratégiques », 5 mai 2026.
  • Maison Blanche, proclamation sur les minerais critiques transformés, 14 janvier 2026.

À lire aussi sur NotreAfrik : Minerais critiques : 4 projets DFC, la valeur part aux USA · Uranium Niger : 414 millions de la DFC, 0 dollar décaissé · Minéraux Madagascar : 49 % des exports, 4,6 % du PIB

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