L'épidémie d'Ebola en RDC vient de franchir un seuil historique : 8 067 cas confirmés et plus de 3 900 décès, selon les données des autorités sanitaires publiées lundi. Le taux de létalité atteint 48,4 %. Jamais depuis le début de cette épidémie — causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola — un tel cap n'avait été dépassé.

Ebola RDC : 8 067 cas, un seuil historique franchi
À ce bilan s'ajoute désormais une menace sur le dispositif de riposte lui-même. Depuis le 20 septembre, plusieurs incidents sécuritaires ont été signalés sur le site de déplacés de Kigonze, à Bunia, en Ituri. Selon des informations rapportées par les médias locaux, des militaires y seraient entrés à la recherche d'armes et de personnes soupçonnées d'appartenir à un groupe armé. Des coups de feu auraient été entendus. Résultat : de nombreuses familles ont fui pour se réfugier auprès de proches, abandonnant un site qui accueillait près de 19 000 personnes déplacées et qui figurait parmi les zones couvertes par la riposte contre Ebola.
« La situation sécuritaire sur le site de déplacés de Kigonze s'est détériorée et de nombreuses familles ont quitté le site pour se réfugier auprès de familles d'accueil », a déclaré Damien Mama, Coordonnateur humanitaire de l'ONU en RDC. Pour l'ONU, cette dispersion non organisée de milliers de déplacés risque de compromettre le suivi épidémiologique — notamment le traçage des contacts —, la continuité des services de santé et les opérations de contrôle de l'épidémie. Les agences humanitaires peinent désormais à accéder au site pour évaluer les besoins et distribuer une aide essentielle.
Kigonze : l'insécurité disperse les déplacés et entrave la riposte
Dans son dernier rapport, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne qu'Ebola se propage « dans un contexte humanitaire difficile, où les conflits, l'insécurité, les déplacements de population et l'accès limité aux services de base continuent d'entraver la maîtrise de l'épidémie ». En Ituri, épicentre de la crise, l'incidence recule progressivement depuis le pic de la mi-août, mais la transmission reste à des niveaux élevés. Le Nord-Kivu, lui, a enregistré son niveau d'incidence le plus haut jamais atteint à la mi-septembre, avant une légère décrue. Plus de 1,1 million de personnes ont été déplacées en Ituri, dont 373 000 vivent sur des sites officiels. « Notre priorité est d'avoir accès au site le plus rapidement possible afin d'assister les personnes qui sont dans le besoin », a insisté Damien Mama, appelant à protéger le caractère civil des sites de déplacés et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave.
À lire aussi :
- Burkina Faso : plus de 6 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire
- Nigeria : 14 candidats à l’université enlevés avant leur examen d’entrée
Avec APO Group.








