Rebranding Africa Forum 2026 23 & 24 octobre 2026 · Bruxelles « Systèmes de santé en Afrique :
Innover pour soigner,
Soigner pour développer. »
Réserver ma place

Fatima Ezzahra El Mansouri, première cheffe du gouvernement

Palais royal de Rabat, où le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026

Le roi Mohammed VI a nommé, le mardi 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement du Maroc. Maire de Marrakech et ministre du gouvernement sortant, elle est la première femme à diriger l’exécutif marocain. Sa nomination intervient six jours après les législatives du 23 septembre 2026, remportées par son parti avec 97 sièges sur 395.

Le souverain l’a reçue au palais royal de Rabat et l’a chargée de former le nouveau gouvernement. L’article 47 de la Constitution prévoit que le roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives : le Parti authenticité et modernité (PAM). Une partie de la presse internationale transcrit son prénom « Fatima Zahra ».

Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri ?

Âgée de 50 ans, elle serait née en 1976 à Marrakech, selon La Nouvelle Revue Politique. Avocate de formation, elle est spécialisée en droit privé et en droit des affaires. Son père, Abderrahman El Mansouri, a été avocat et bâtonnier, puis pacha de Marrakech et ambassadeur aux Émirats arabes unis.

Son ancrage politique est d’abord local. Elle a dirigé une première fois la ville de Marrakech de 2009 à 2015, avant de retrouver la présidence du conseil communal en 2021. Dans le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch, elle avait la charge de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat. Coordinatrice nationale du PAM, elle a été élue députée lors du scrutin du 23 septembre 2026.

Une coalition à construire

Selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur, le PAM obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, contre 87 en 2021. La majorité absolue étant de 198 sièges, il ne peut pas gouverner seul. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti du chef du gouvernement sortant, tombe de 102 à 66 sièges. Le Parti de l’Istiqlal recule de 81 à 65 sièges.

Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui avait dirigé le gouvernement de 2011 à 2021, remonte à 54 sièges, contre 13 en 2021. Suivent le Mouvement populaire (29), l’Union socialiste des forces populaires (26), le Parti du progrès et du socialisme (19) et l’Union constitutionnelle (17). Nous avions détaillé ces résultats des législatives au Maroc au lendemain du vote.

La coalition sortante reste majoritaire sur le papier : PAM, RNI et Istiqlal totalisent 228 sièges, soit 30 de plus que la majorité absolue. Mais le rapport de force a changé, et le PAM passe de partenaire à chef de file. La forme de la future majorité dépendra des consultations que la nouvelle cheffe du gouvernement doit mener. Elle fixera aussi sa marge pour faire adopter budgets et réformes.

38 % de participation, le chiffre qui pèse

La participation a atteint 38,08 % selon le ministère de l’Intérieur, contre 50,86 % en 2021 et 42,27 % en 2016. C’est son plus bas niveau depuis 2007. Sur quelque 15,8 millions d’inscrits, près de six millions d’électeurs se sont déplacés.

Ce faible niveau de mobilisation donne à la nouvelle équipe une base électorale étroite. Selon France 24, la nouvelle cheffe du gouvernement devra s’attaquer à des problèmes socio-économiques persistants tout en cherchant à restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique. Selon Africa Radio, le mouvement de jeunes GenZ 212 a porté dans la rue des revendications sur la santé, l’éducation et l’emploi.

L’emploi des jeunes reste la question centrale, celle d’une jeunesse marocaine qui cherche souvent son avenir hors du pays. Ceux qui se sont déplacés attendent des résultats visibles, et plus encore ceux qui ne l’ont pas fait.

Emploi, logement, Mondial 2030 : le mandat

Le Maroc coorganise la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. D’ici là, le pays investit dans les stades, les transports, le ferroviaire, les aéroports et l’hôtellerie. L’enjeu pour le nouveau gouvernement : que ces équipements servent au-delà du tournoi, et que la population en perçoive les effets sur l’emploi, le logement, la santé et l’éducation. Notre dossier Afrique et Coupe du monde revient sur ce que le football mondial représente pour le continent.

Le parcours de Fatima Ezzahra El Mansouri, entre urbanisme et gestion d’une grande ville, touche directement ces dossiers. Logement, transports, équipements et répartition de l’investissement entre métropoles et territoires moins favorisés relevaient déjà de son portefeuille ministériel.

La portée symbolique de la nomination est réelle, au Maroc comme à l’étranger. Son effet sur la place des femmes se mesurera aussi à la composition du futur gouvernement, notamment dans les portefeuilles économiques et régaliens.

Sources

  • France 24, « Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme Première ministre du Maroc », 29 septembre 2026.
  • Associated Press, « Morocco’s king appoints the country’s first woman prime minister », 29 septembre 2026.
  • Le Courrier de l’Atlas, « Fatima Ezzahra El Mansouri nommée à la tête du gouvernement », 29 septembre 2026.
  • La Libre Belgique, Africa Radio et La Nouvelle Revue Politique, 29 septembre 2026.
  • APA News, « Législatives 2026 au Maroc : la victoire du PAM confirmée » ; Finances News Hebdo, « Législatives 2026 : le PAM en tête, le PJD de retour ».
  • Ministère de l’Intérieur du Maroc, résultats des élections législatives du 23 septembre 2026.

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app