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ONU Femmes : 22 % de femmes dans l’IA, moins de 14 % en tête

Carte de l'Afrique en réseau lumineux, illustration de l'enjeu femmes et IA

Les femmes représentent environ 22 % des professionnels de l’intelligence artificielle dans le monde et moins de 14 % des dirigeants du secteur, selon le Gender Snapshot 2026 d’ONU Femmes, présenté le 22 septembre 2026 à New York. Elles ont aussi environ 20 % de chances en moins que les hommes d’utiliser des outils d’IA générative. Pour les femmes et l’IA en Afrique, l’écart s’ajoute à ceux, plus anciens, de l’accès au téléphone, à la connexion et aux compétences numériques.

Femmes et IA : ce que mesure le Gender Snapshot 2026

Le Gender Snapshot est le rapport annuel d’ONU Femmes et du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU sur l’objectif de développement durable n° 5, l’égalité des sexes. L’édition 2026 consacre un chapitre à l’intelligence artificielle. « L’avenir de l’IA ne peut pas être construit par la moitié des talents du monde », a déclaré Sarah Hendriks, directrice des politiques d’ONU Femmes, lors de la présentation.

Le constat se lit en trois temps. Qui conçoit : avec 22 % de femmes parmi les professionnels et moins de 14 % aux postes de direction, les hommes occupent près de huit emplois sur dix et près de neuf fonctions dirigeantes sur dix dans le développement de ces technologies. Qui utilise : l’écart d’environ 20 % dans l’usage de l’IA générative « risque de se creuser », avertit le rapport, à mesure que ces outils deviennent une compétence professionnelle de base. Ces chiffres sont mondiaux ; le rapport ne fournit pas de données africaines.

L’emploi : une exposition, pas une disparition automatique

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), certaines professions à dominante féminine, comme le secrétariat, l’administration ou les services, sont davantage exposées à l’IA générative. Une exposition ne signifie pas une suppression d’emploi : elle veut dire qu’une part importante des tâches peut être automatisée ou transformée. Le résultat peut être un gain de productivité, une réorganisation du travail ou, dans certains cas, la disparition de fonctions.

Le risque tient à une asymétrie. Les femmes peuvent être moins nombreuses à concevoir la technologie, à la diriger et à l’utiliser de façon avancée, tout en travaillant davantage dans les métiers qu’elle transforme. Elles auraient alors moins d’influence sur l’IA tout en étant plus exposées à ses effets.

En Afrique, le fossé commence avant l’IA

Utiliser l’intelligence artificielle suppose un appareil, une connexion, de l’électricité et des compétences numériques. Les enquêtes d’Afrobarometer publiées en 2026 dans 38 pays africains montrent que des écarts persistent entre femmes et hommes dans l’accès aux équipements numériques et aux services financiers. Selon la GSMA, les femmes d’Afrique subsaharienne auraient environ un tiers de chances en moins que les hommes d’utiliser l’internet mobile.

Ces écarts se combinent avec d’autres fractures : ville ou campagne, niveau d’études, revenu. Une entrepreneure connectée à Nairobi, Lagos ou Abidjan n’aborde pas l’IA dans les mêmes conditions qu’une agricultrice qui dispose d’un accès limité à Internet. Des travaux cités par Foresight Africa, notamment une enquête d’ImpactHER auprès de femmes de plusieurs dizaines de pays africains, relèvent d’importants besoins de formation à l’IA et au numérique, sans être représentatifs de toutes les Africaines.

Deux écarts à réduire en même temps

Le Fonds monétaire international (FMI) souligne que l’adoption de l’IA en Afrique subsaharienne reste freinée par les infrastructures numériques, l’électricité, les compétences et les capacités institutionnelles. Le continent doit donc réduire à la fois son retard sur les économies les plus avancées et les écarts d’accès à l’intérieur de ses propres sociétés.

Construire des centres de données et des programmes universitaires ne suffit pas. Il faut aussi regarder qui accède aux formations, qui crée les start-up, qui obtient le financement et qui siège dans les instances qui écrivent les règles. Une commerçante, une infirmière ou une agricultrice doit pouvoir utiliser ces outils dans son activité, dans sa langue : beaucoup de langues africaines disposent encore de peu de données numériques, ce qui limite la traduction et la reconnaissance vocale.

Les choix faits aujourd’hui pèseront longtemps. Une industrie naissante crée ses propres réseaux : les premiers ingénieurs deviennent dirigeants, les premiers entrepreneurs deviennent investisseurs. Une sous-représentation de départ tend à se reproduire.

Sources

  • ONU Femmes et Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, Progress on the Sustainable Development Goals: The Gender Snapshot 2026, 22 septembre 2026 (unwomen.org).
  • ONU Info, « IA : les femmes laissées en marge d’une révolution qui façonne l’avenir », 23 septembre 2026 ; Panapress, 23-24 septembre 2026.
  • Organisation internationale du travail, travaux sur l’exposition des emplois à l’IA générative.
  • Afrobarometer, 2026 ; GSMA, Mobile Gender Gap Report ; Foresight Africa / ImpactHER ; FMI, 2026.

À lire aussi : Dossier IA — Saison 2 : l’IA sous contrainte, comment l’Afrique innove avec moins ; Finance numérique : la BAD et AXIAN ciblent 34 000 entreprises féminines en Afrique ; Infrastructures numériques : l’Afrique adopte une feuille de route en 7 priorités.

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