Le 23 septembre 2026 à Niamey, le Niger a signé la convention Madaouela, qui formalise la reprise de ce projet d’uranium situé près d’Arlit, dans la région d’Agadez. L’État y détiendra 40 %, contre 20 % dans l’ancien montage, et la société australienne Atomic Eagle 60 %, avec le contrôle opérationnel. La convention prévoit 10 millions de dollars (≈ 5,8 milliards de FCFA) de paiements liés au permis et doit mettre fin à l’arbitrage international ouvert en 2024.
Le texte a été signé par le ministre des Mines, le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, et par Phil Hoskins, directeur général d’Atomic Eagle et de la Madaouela Mining Company (MAMICO). « Du contentieux au partenariat », a résumé le ministre. Cette signature est la suite de l’accord-cadre du 24 août 2026, que Notre Afrik avait détaillé le 27 août.
Atomic Eagle, successeur de GoviEx
Atomic Eagle n’est pas un nouveau venu. C’est une société australienne cotée à la Bourse australienne (ASX), ex-Tombador Iron, qui a absorbé le canadien GoviEx Uranium en novembre 2025 avant de prendre son nom actuel. GoviEx dit avoir investi environ 160 millions de dollars (≈ 92 milliards de FCFA) dans Madaouela depuis 2007.
Le 31 juillet 2024, le décret 2024-474 avait fait revenir le permis dans le domaine public de l’État. Selon Jeune Afrique, le gouvernement exigeait un démarrage de l’exploitation avant le 3 juillet 2024 ; GoviEx contestait la procédure. L’entreprise a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) en décembre 2024.
La procédure a été suspendue début 2025, après une feuille de route signée le 18 février 2025. Le 21 août 2026, le Conseil des ministres a approuvé la réattribution du permis Madaouela I à MAMICO. Selon l’accord-cadre du 24 août, rapporté par World Nuclear News et Rio Times, l’arbitrage doit être retiré dans les sept jours suivant la signature de la convention.
Ce que la convention Madaouela donne au Niger
La participation de l’État double, de 20 à 40 %. Mais ces 40 % se décomposent : 15 % sont une participation gratuite, 25 % une participation contributive, selon Atomic Eagle. Pour cette seconde tranche, le Niger devra contribuer aux besoins en capital du projet. Il ne reçoit donc pas 40 % gratuitement.
Sur les 10 millions de dollars, un premier versement de 5 millions (≈ 2,9 milliards de FCFA) interviendra dans les 30 jours suivant la signature, selon World Nuclear News ; le second, de 5 millions également, est attendu au démarrage de la construction. Les autorités nigériennes annoncent aussi environ 1 000 emplois, un renforcement des capacités de l’administration minière et des engagements de développement local. Ces emplois sont un objectif : la mine n’existe pas encore.
Pour M. Hoskins, l’accord « fournit le cadre juridique, fiscal et opérationnel » et « facilite les décisions d’investissement à long terme ». La convention prévoit des mécanismes de stabilisation juridique, fiscale et réglementaire, et un cadre pour les futurs financements et contrats de vente de la production. Les taux de redevance et le calendrier de mise en production n’ont pas été publiés.
Un projet d’uranium encore à financer
Madaouela n’est pas une mine en production. Atomic Eagle communique sur 116,5 millions de livres d’U₃O₈, soit environ 52 800 tonnes, et sur environ 600 000 mètres de forages historiques. Mais cette estimation, établie par GoviEx selon la norme canadienne NI 43-101, est considérée par l’ASX comme une « estimation étrangère » : Atomic Eagle annonce une ressource conforme au code australien JORC d’ici fin 2026. Une ressource n’est ni une réserve, ni une production.
Le coût de construction, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars dans l’étude de faisabilité de 2022, reste à financer. M. Hoskins mise sur le précédent de Dasa, l’autre projet d’uranium nigérien, dont le financement par l’agence américaine de financement du développement (DFC) est selon lui « une indication fantastique que la finance internationale est prête à financer de nouveau des projets d’uranium au Niger ».
Le contraste avec Orano demeure. La Somaïr a été nationalisée en juin 2025, la concession d’Arlit annulée en mai 2026, et le groupe français reste devant le CIRDI et plusieurs juridictions commerciales. GoviEx a récupéré son actif en cédant vingt points de capital ; Orano est toujours en procédure.
Sources
- Agence Nigérienne de Presse, « Mines : l’État du Niger porte sa participation à 40 % dans le projet d’uranium de Madaouela », 23 septembre 2026.
- Anadolu Agency, 23-24 septembre 2026 ; ActuNiger, 23 septembre 2026 ; Journal du Niger, 24 septembre 2026.
- World Nuclear News, « Agreement clears way for resumption of Niger uranium project », 25 septembre 2026.
- Kitco / Reuters, « Atomic Eagle expects renewed financing interest in Niger after uranium deal », 25 septembre 2026.
- Jeune Afrique, « Uranium : le Niger et l’australien Atomic Eagle relancent le gisement de Madaouela », 25 septembre 2026.
- Rio Times, « Niger doubles Madaouela uranium stake to 40%, ends dispute », 27 septembre 2026.
- Atomic Eagle, présentation du projet Madaouela, septembre 2026.
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