George Ayittey (13 octobre 1945 – 28 janvier 2022) est un économiste ghanéen connu pour sa thèse centrale selon laquelle la pauvreté africaine résulte avant tout de la mauvaise gouvernance et des autocraties locales, et non du colonialisme ou des institutions financières internationales. Fondateur de la Free Africa Foundation à Washington D.C., il a marqué le débat sur le développement du continent pendant plus de quatre décennies.
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Qui est George Ayittey ?
George Billy Nii Ayittey est né le 13 octobre 1945 à Tarkwa, au Ghana. Économiste de formation, il a passé l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, d’abord dans l’enseignement universitaire, puis comme intellectuel public et fondateur d’un think tank dédié à l’Afrique. Il est décédé le 28 janvier 2022 à Alexandria, en Virginie, à l’âge de 76 ans.
Son nom est associé à une lecture libérale des blocages du développement africain : là où beaucoup pointaient les héritages coloniaux ou les conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI, Ayittey insistait sur la responsabilité des dirigeants africains eux-mêmes, sur le planisme socialiste post-indépendance et sur l’absence de liberté politique et économique. Cette position lui a valu des soutiens dans les cercles libéraux et libertariens anglo-saxons, mais aussi de vives résistances dans le milieu académique.
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Quelle est sa formation ?
Ayittey effectue ses études secondaires à l’Adisadel College de Cape Coast, au Ghana, jusqu’en 1966. Il obtient ensuite un B.Sc. en économie à l’Université du Ghana, à Legon, entre 1966 et 1969. Il poursuit sa formation au Canada, d’abord à l’Université de Western Ontario à London (Ontario), où il obtient un master, puis à l’Université du Manitoba à Winnipeg, où il soutient son doctorat en économie entre 1975 et 1981.
La soutenance de cette thèse est elle-même révélatrice du parcours qui l’attend : le jury la bloque pendant neuf mois, exigeant le retrait de l’argument selon lequel les causes de la crise économique africaine sont principalement internes. Le document, qui dépasse 600 pages, n’est finalement approuvé qu’en partie, sous la pression d’une offre d’emploi extérieure reçue par Ayittey avant même la soutenance.
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Quel est son parcours professionnel ?
À la sortie de son doctorat, Ayittey obtient un poste au Wayne State College dans le Nebraska. Il enseigne ensuite à la Bloomsburg University of Pennsylvania, en Pennsylvanie, où en 1988 ses collègues du département d’économie qualifient ses travaux d’« inutiles » et lui refusent une promotion.
La même année, il intègre la Hoover Institution à Stanford comme National Fellow in Residence (1988–1989), puis rejoint la Heritage Foundation à Washington comme Bradley Resident Scholar. Il devient par la suite professeur à l’American University de Washington D.C., avec le titre de Distinguished Economist in Residence, poste qu’il occupe pendant plusieurs années. Il est également associate scholar au Foreign Policy Research Institute et membre du conseil consultatif de Students for Liberty.
En 1993, il fonde la Free Africa Foundation à Washington D.C., organisation qu’il préside et qui devient le principal cadre institutionnel de sa production intellectuelle et de son influence publique.
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La thèse de la « Cheetah Generation » : ce qu’Ayittey défendait
Le concept le plus connu d’Ayittey oppose deux générations d’Africains. Les « Cheetahs » désignent une nouvelle génération d’entrepreneurs, pragmatiques, tournés vers des solutions locales et refusant d’attendre l’aide extérieure. Les « Hippos » représentent une génération ancrée dans les vieilles rhétoriques, dépendante de l’État ou de l’aide internationale, et peu encline au changement. Cette distinction, qu’il a exposée notamment dans un TED Talk, résume sa vision du renouveau africain : il viendrait de l’intérieur, porté par des individus libres, et non de plans imposés de l’extérieur.
Sa thèse centrale tient en une formule souvent citée : *« Africa is poor because she is not free »*. En 2008, *Foreign Policy Magazine* le classe parmi ses « Top 100 Public Intellectuals ».
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Le blocage de sa thèse, épisode fondateur
L’épisode de la thèse de 1981 n’est pas anecdotique : il illustre la résistance qu’Ayittey a rencontrée tout au long de sa carrière face à son analyse internaliste. Ses pairs à l’Université du Manitoba, puis à Bloomsburg, puis des éditeurs académiques américains ont successivement contesté une approche jugée comme « blâmant la victime ». Ses opposants estimaient que mettre en cause le leadership africain revenait à exonérer le colonialisme et les institutions financières internationales.
Cette tension entre sa lecture et les paradigmes dominants du développement a structuré l’ensemble de sa trajectoire : rejeté par le milieu académique mainstream, il a construit son influence via des institutions de sensibilité libérale et libertarienne — Hoover, Heritage, Atlas Network — et via l’espace public plutôt que par la publication académique traditionnelle.
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Questions fréquentes
Quand est né et mort George Ayittey ? Il est né le 13 octobre 1945 à Tarkwa, au Ghana, et est décédé le 28 janvier 2022 à Alexandria, en Virginie, à l’âge de 76 ans.
Qu’est-ce que la Free Africa Foundation ? C’est un think tank fondé par George Ayittey à Washington D.C. en 1993, dont il était président, consacré à la promotion de la liberté économique et politique en Afrique.
Que signifie « Cheetah Generation » chez Ayittey ? Il désigne par ce terme une nouvelle génération d’Africains entrepreneuriaux, pragmatiques et orientés vers des solutions locales, qu’il oppose aux « Hippos », représentant selon lui les élites figées dans les anciennes rhétoriques.
Pourquoi la thèse d’Ayittey a-t-elle été bloquée neuf mois ? Son jury à l’Université du Manitoba refusait d’approuver l’argument selon lequel les causes de la crise économique africaine étaient principalement internes — mauvaise gouvernance et échec du leadership —, le jugeant incompatible avec les paradigmes dominants de l’époque.
Dans quel classement international Ayittey a-t-il figuré ? En 2008, *Foreign Policy Magazine* l’a inclus dans sa liste des cent plus grands intellectuels publics du monde.




