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Assurance en Afrique : 23 résolutions de la FANAF

Assurance en Afrique : 23 résolutions de la FANAF

Le secteur africain de l’assurance affiche l’un des taux de pénétration les plus faibles au monde, symptôme d’une relation historiquement distante — voire de défiance — entre assureurs et populations. Alors que la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF) vient d’adopter un « Pacte panafricain » assorti de 23 résolutions pour démocratiser l’assurance, le débat de fond ressurgit : comment inverser une logique où le client devait venir à l’assureur, plutôt que l’inverse ?

Un taux de pénétration structurellement bas

L’assurance demeure un angle mort de l’inclusion financière africaine. Hors Afrique du Sud, qui concentre l’essentiel des primes du continent, le taux de pénétration — rapport des primes au PIB — reste marginal dans la plupart des pays. Les causes sont connues : produits inadaptés aux revenus irréguliers de l’économie informelle, réseaux de distribution physiques coûteux, méfiance envers des compagnies perçues comme promptes à encaisser les cotisations mais lentes à indemniser, et faible culture assurantielle. Le résultat est un cercle vicieux : peu de clients, donc peu de mutualisation du risque, donc des produits chers et peu attractifs, donc peu de clients. Réinventer la relation suppose de briser ce cercle par le bas — en allant vers les populations plutôt qu’en les attendant.

Le levier du mobile et de la digitalisation

La piste la plus prometteuse s’inspire de ce qui a transformé la banque : le mobile. L’exemple d’Orange Bank Africa et de sa solution de crédit instantané Tik Tak illustre la bascule. « La banque classique demandait au client de venir à elle : une agence, des justificatifs, des délais, des revenus formels. Nous avons inversé la logique », résume Audrey Koffi, dont l’analyse éclaire aussi le potentiel de l’assurance. Le chiffre qu’elle avance pour la zone UEMOA est parlant : la bancarisation stricte reste autour de 25 %, alors que l’inclusion financière par le mobile dépasse déjà 70 %. Transposée à l’assurance, cette réalité dessine un boulevard : la micro-assurance mobile, adossée aux écosystèmes de mobile money, peut toucher des populations que les canaux traditionnels n’atteindront jamais.

Le Pacte panafricain de la FANAF

C’est dans ce contexte que la FANAF a adopté un Pacte panafricain articulé autour de 23 résolutions destinées à démocratiser l’assurance sur le continent. « Si nous réussissons à mettre en œuvre ces 23 résolutions, nous aurions fait un pas de géant », résument les assureurs. Sans détailler ici chaque mesure, l’ambition d’ensemble est claire : adapter les produits aux réalités africaines, simplifier la souscription, accélérer l’indemnisation pour restaurer la confiance, et s’appuyer sur le numérique pour élargir l’accès. Le pacte traduit une prise de conscience sectorielle : l’assurance africaine ne se développera pas en répliquant les modèles importés, mais en repartant des besoins réels de populations majoritairement informelles et faiblement bancarisées.

De la protection subie à la protection choisie

L’enjeu dépasse le commerce. L’assurance est un outil de résilience : elle protège les ménages et les PME contre les chocs — maladie, décès, sinistre, aléa climatique — qui, faute de couverture, font basculer les familles dans la pauvreté. Démocratiser l’assurance, c’est donc aussi un enjeu de développement et de stabilité sociale. Mais la réussite dépendra de la capacité du secteur à tenir ses promesses : des produits réellement abordables, une indemnisation rapide et transparente, et une pédagogie qui transforme une protection perçue comme un coût subi en un service choisi et compris. Les 23 résolutions de la FANAF fixent le cap ; comme souvent, c’est leur mise en œuvre concrète, pays par pays et compagnie par compagnie, qui dira si le continent franchit enfin le « pas de géant » annoncé — ou si l’assurance africaine reste, une fois de plus, un chantier de bonnes intentions.

Sources : FANAF via Financial Afrik (19 juillet 2026), entretien Audrey Koffi / Financial Afrik (19 juillet 2026), rapport BCEAO sur l’inclusion financière dans l’UEMOA.

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