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Gouvernance de l’IA : l’Afrique score 22/100, 6 pays au-dessus de la moyenne mondiale

La gouvernance de l’IA progresse sur le continent africain, mais part de loin : l’Afrique affiche le score moyen le plus bas au monde, soit 22 sur 100, contre une moyenne mondiale de 35 sur 100. C’est l’un des enseignements clés de la deuxième édition du Global Index on Responsible AI (GIRAI), publiée par le Global Center on AI Governance, un think tank basé en Afrique du Sud. Sur les 39 pays africains analysés, seuls six dépassent la moyenne mondiale : le Nigeria (45,93), l’Égypte (41,26), le Kenya (39,53), le Ghana (38,43), le Bénin (37,01) et le Maroc.

Analyse NotreAfrik — Le Global Center on AI Governance, think tank sud-africain, est financé notamment par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) d’Ottawa et le Bureau des affaires étrangères du Royaume-Uni (FCDO). L’Afrique du Nord s’impose comme la sous-région la plus performante du continent. À l’échelle mondiale, 53 % de la population a déjà utilisé des outils d’IA générative, mais seuls 18 % des pays ont rendu obligatoire la divulgation de leurs propres systèmes d’IA.
gouvernance de l'IA — L’essor rapide de l’Intelligence Artificielle (IA) dépasse la capacité des gouvernements à mettre
© APO Group

Gouvernance de l’IA en Afrique : Nigeria en tête, mise en œuvre en retard

L’indice compare 135 pays selon cinq dimensions liées aux droits humains : l’utilisation de l’IA dans les services publics, l’éthique et le développement durable, l’inclusion et la diversité, le travail et les compétences, et la confiance et la sécurité. Les données couvrent la période du 1er novembre 2023 au 30 septembre 2025 et reposent sur plus de 68 000 points de données collectés par 135 experts locaux. Au niveau mondial, la Norvège arrive en tête avec un score de 74,66, suivie de l’Italie (72,71) et de l’Irlande (71,39). La France se classe 4e avec 70,32 points.

Le principal défi africain réside dans l’écart entre ambition politique et mise en œuvre concrète. Sur le continent, 78 % des cadres réglementaires en matière d’IA sont non contraignants — contre 42 % dans les pays du Nord. Seuls 21 % des 170 cas documentés de domaines d’action publique couverts par des cadres de gouvernance sont juridiquement contraignants. Le domaine où les performances sont les plus faibles à l’échelle mondiale est l’utilisation de l’IA dans les services publics — aide sociale, santé, logement, police — là où les systèmes automatisés ont pourtant un impact direct sur les populations. Des cas avérés d’utilisation abusive de l’IA par des gouvernements ont par ailleurs été documentés dans 35 des 135 pays étudiés, dont le Kenya, le Ghana et l’Ouganda.

Des cadres non contraignants qui peinent à protéger les droits humains

Malgré ces lacunes, des progrès sont à noter. Depuis la première édition du GIRAI, les pays du Sud ont considérablement élargi leurs cadres : le nombre moyen de thèmes abordés est passé de 2,5 à 4,7, soit une progression de 88 %. Le domaine emploi et compétences affiche en Afrique un taux de mise en œuvre de 65,52 %, le seul à dépasser la moyenne mondiale. Seuls 73 pays sur 135 (54 %) ont adopté une politique nationale en matière d’IA, et seuls 27 % disposent de mécanismes permettant la participation de la société civile à la gouvernance. « Une IA responsable ne peut être garantie par de simples principes », souligne Rachel Adams, fondatrice et directrice générale du Global Center on AI Governance. « Les gouvernements doivent mettre en place des obligations exécutoires, des mécanismes de contrôle indépendants et des voies de recours accessibles. »

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Avec APO Group.

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