À travers son engagement environnemental, son parcours entrepreneurial et son action en faveur de la jeunesse, Davy Bahoro Yandoko est le coordonnateur et fondateur de Béafrica Greener, une organisation engagée dans la lutte contre la pollution plastique, la déforestation et la promotion de l’entrepreneuriat vert. Il œuvre depuis plusieurs années pour faire émerger une conscience écologique plus forte en République centrafricaine.
Ingénieur en informatique de formation et actuellement étudiant en Master 2 en sciences environnementales à l’University of the People (UoPeople) aux États-Unis, il a choisi de mettre ses compétences au service des enjeux climatiques. Une vocation qui ne s’est pas construite du jour au lendemain. «Depuis mon enfance, j’ai toujours cru que chacun de nous a une mission et peut impacter les autres, en bien comme en mal», explique-t-il. «C’est cette conviction qui m’a poussé à m’engager très jeune dans le bénévolat, et aujourd’hui encore, ce qui compte le plus pour moi reste l’impact.»
Un engagement né du bénévolat et du service aux autres
Bien avant de représenter son pays dans des forums internationaux, Davy Bahoro Yandoko a forgé son leadership au contact des communautés. Son engagement débute dans son église où il accompagne des jeunes, avant de s’étendre à l’animation de clubs d’anglais dans plusieurs quartiers et à de nombreuses initiatives citoyennes. «J’ai commencé par encadrer des jeunes dans mon église, animer des clubs d’anglais dans les quartiers et participer à plusieurs actions communautaires, sans attendre de retour», raconte-t-il. Pour lui, l’engagement n’a jamais été une stratégie de carrière, mais une manière de contribuer concrètement au changement.

Cette expérience de terrain lui permet progressivement d’acquérir des compétences en leadership, en gestion de projet et en mobilisation communautaire. Son passage au sein du programme YALI (Young African Leaders Initiative) constitue une étape importante de cette trajectoire. Il y développe une vision plus structurée du leadership et porte plusieurs initiatives à impact social.
Parallèlement, il s’investit dans la formation de jeunes Centrafricains. Entrepreneuriat, informatique, prise de parole en public, techniques de présentation et développement personnel deviennent autant de domaines dans lesquels il partage son expérience. «J’ai toujours considéré que la transmission des connaissances était l’un des moyens les plus efficaces pour transformer une société», affirme-t-il. «Former un jeune aujourd’hui, c’est lui donner les outils pour devenir acteur du changement demain.»

De cette volonté de créer un impact durable naît Béafrica Greener. Aujourd’hui, l’organisation rassemble plus de 300 volontaires à travers la République centrafricaine autour d’actions liées à la protection de l’environnement, à la sensibilisation climatique et à l’économie verte. «Nous avons voulu démontrer que la jeunesse centrafricaine ne doit pas seulement être perçue comme victime des conséquences du changement climatique», souligne-t-il. «Elle peut aussi être porteuse de solutions innovantes et adaptées à nos réalités locales.»
Une reconnaissance bâtie sur le terrain et l’excellence
L’engagement constant de Davy Bahoro Yandoko lui vaut progressivement une reconnaissance qui dépasse les frontières de son pays. Formé par le programme Climate Youth de la Banque mondiale, il est désigné en 2025 meilleur ambassadeur du climat par Top Jeune Béafrica. Il est également membre de YOUNGO, le groupe officiel des jeunes de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), où il contribue à porter les préoccupations et les aspirations de la jeunesse africaine dans les négociations internationales.
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Son parcours l’amène également à représenter la République centrafricaine lors de plusieurs événements majeurs. Au Forum de l’Économie Sociale et Solidaire à Bordeaux puis au Sommet africain pour le climat à Nairobi, il présente le projet «GreenerCycle RCA», destiné à promouvoir l’économie circulaire et à attirer des investisseurs vers les initiatives écologiques portées par les jeunes Africains. Ancien participant du programme YALI lancé par l’ancien président américain Barack Obama, il demeure aujourd’hui membre actif de YALI Centrafrique. Il est également lauréat de la Tony Elumelu Foundation, qui lui accorde un financement de 5 000 dollars pour développer son projet entrepreneurial à impact environnemental.
Son parcours est également marqué par sa participation au Aspire Leaders Program de l’Université Harvard, une expérience qui renforce davantage sa vision du leadership. Mais pour lui, l’une des plus belles récompenses de son engagement reste l’impact humain qu’il génère. «Cet engagement m’a même permis d’être recruté à l’ambassade des États-Unis parmi de nombreux candidats très qualifiés», confie-t-il. «Comme quoi, le bénévolat ouvre parfois des portes qu’on n’imagine pas.»
Une expérience qui confirme selon lui que les compétences acquises dans l’action associative et citoyenne peuvent constituer un véritable tremplin professionnel.
Mobiliser la jeunesse centrafricaine face à l’urgence climatique
Au-delà de son propre parcours, Davy Bahoro Yandoko nourrit une ambition plus large : fédérer une génération entière autour des enjeux environnementaux. C’est dans cet esprit qu’il porte le Forum National des Jeunes pour le Climat et la Biodiversité, prévu du 8 au 10 octobre 2026 à Bangui. Cette rencontre ambitionne de réunir jeunes leaders, entrepreneurs, associations, experts et décideurs afin de construire une réponse collective aux défis climatiques et environnementaux qui touchent la République centrafricaine.
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Pour lui, l’avenir du continent dépendra largement de la capacité de sa jeunesse à s’engager activement dans la recherche de solutions durables. «Pour moi, vouloir le changement, c’est aussi accepter de donner de son temps, de son énergie et de ses compétences, même sans récompense immédiate», affirme-t-il. Une conviction qui guide chacune de ses initiatives et qui résume l’essence même de son engagement. «Parce qu’au final, certaines contributions valent bien plus que l’argent.»
À travers son parcours, Davy Bahoro Yandoko démontre qu’il est possible de transformer un simple engagement bénévole en un puissant levier de changement social et environnemental. Dans un contexte où l’Afrique est confrontée à des défis climatiques majeurs, son histoire rappelle qu’une jeunesse engagée, formée et déterminée peut devenir l’une des plus grandes forces de transformation du continent.
Raphaël Cheugue pour Notre Afrik








