S’exprimant à Dakar lors d’une conférence consacrée à la souveraineté, en présence du géopolitologue Pascal Boniface, le chef du gouvernement a dressé un réquisitoire sévère contre la politique étrangère américaine. Il a estimé que les actions de Washington ont entraîné la planète «dans un chaos que rien ne justifie».
un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation», a-t-il déclaré devant un public réuni au Musée des Civilisations noires.
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Le leader sénégalais a également mis en cause les conséquences globales de cette posture, avertissant que «les États-Unis eux-mêmes n’échapperont pas aux effets extrêmement négatifs» des conflits qu’ils initient.
Dans la même veine, il a dénoncé certaines pratiques qu’il juge contraires aux principes démocratiques, notamment les opérations visant à capturer ou exfiltrer des chefs d’État en exercice. Il faisait référence à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, survenue le 3 janvier dernier.
Des interventions militaires jugées inefficaces
Le Premier ministre a insisté sur ce qu’il considère comme une série d’échecs stratégiques des puissances occidentales au cours des dernières décennies. Il a cité plusieurs théâtres de guerre, dont le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye et la Somalie.
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Selon lui, ces interventions n’ont atteint aucun de leurs objectifs initiaux. «À part semer le chaos et le désordre, elles n’ont rien produit de concret», a-t-il affirmé, remettant en cause le principe même de l’exportation de la démocratie par la force.
Vers un nouvel équilibre mondial
Analysant les mutations en cours dans le système, Ousmane Sonko a évoqué un basculement progressif de l’ordre économique mondial. Il a souligné que la stratégie américaine actuelle traduirait une crainte de perdre sa position dominante face à la montée en puissance de la Chine.
Il a également évoqué la possible fin du système du pétrodollar, annonçant une reconfiguration des échanges internationaux fondée sur les monnaies nationales et une plus grande souveraineté économique des États.
Un appel à la souveraineté africaine
Dans son intervention, le Premier ministre sénégalais a lancé un appel appuyé à une prise de conscience africaine. Il a insisté sur la nécessité pour les peuples du continent de croire en leurs propres capacités et de s’appuyer sur leurs valeurs pour résister aux influences extérieures.
Pour lui, la solution aux tensions géopolitiques actuelles ne viendra pas des grandes puissances, mais d’un repositionnement stratégique des nations africaines dans un monde désormais multipolaire.
Enfin, Ousmane Sonko a salué la présence de Pascal Boniface à Dakar, estimant qu’elle illustre l’importance d’une réflexion indépendante sur les enjeux internationaux. Il a conclu en plaidant pour un partenariat d’égal à égal entre l’Afrique et ses partenaires, fondé sur le respect mutuel et la souveraineté.