Une enquête judiciaire en cours à Antananarivo met en lumière un projet présumé d’assassinat visant le président de la transition, sur fond d’accusations de tentative de coup d’État.
Au total, onze personnes ont été placées en détention provisoire, tandis que deux autres suspects sont activement recherchés. L’information a été rendue publique par la procureure générale près le tribunal de première instance d’Antananarivo, Rakotoniaina Narindra Navalona, lors d’une déclaration officielle le 2 avril.
Une enquête révélant un projet structuré
Selon les autorités judiciaires, treize individus avaient été présentés au parquet le 31 mars, avant que la majorité d’entre eux ne soit placée en détention dans l’attente de leur procès. Les chefs d’accusation sont lourds : tentative d’assassinat contre le président, tentative de coup d’État, association de malfaiteurs et détention illégale d’armes.

Les premiers éléments de l’enquête évoquent une organisation méthodique. Des échanges téléphoniques, des messages SMS ainsi que des conversations via l’application WhatsApp auraient été exploités par les enquêteurs pour retracer la préparation des faits. Certains suspects auraient reconnu leur implication.
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Les investigations ont également mis au jour des flux financiers importants. Une somme estimée à 20 milliards d’ariary aurait été identifiée comme destinée à financer l’opération. Des perquisitions ont par ailleurs permis la saisie d’armes et de liquidités au domicile de plusieurs mis en cause.
Des figures militaires impliquées et un climat politique tendu
Parmi les personnes citées dans le dossier figurent des profils issus des forces de défense, dont un général de l’armée ainsi que le colonel Patrick Rakomamonjy, actuellement en fuite.
Ce dernier n’est pas inconnu de la scène politique récente. Ancien soutien du mouvement de la Gen Z, il avait joué un rôle lors des mobilisations de septembre 2025 ayant conduit à la chute du régime de Andry Rajoelina. Accueilli favorablement à l’époque, il avait ensuite été nommé à un poste stratégique avant d’en être écarté quelques semaines plus tard.
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Depuis, il multiplie les prises de parole sur les réseaux sociaux, dénonçant des pratiques qu’il qualifie de «mafieuses» au sein du pouvoir en place. Il affirme également être lui-même visé par des menaces.
De son côté, le président de la transition, Michaël Randrianirina, avait déjà évoqué publiquement des risques pesant sur sa sécurité. Lors d’un déplacement à Malabo, le 27 mars, il avait indiqué que lui et son épouse faisaient l’objet d’un projet d’assassinat.
Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement fragile, marqué par des tensions persistantes et des recompositions au sommet de l’État.








