L’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a rendu publique, mardi, l’édition 2024 de la Situation économique et sociale du Sénégal (SESN). Ce document de référence dresse le bilan de l’année écoulée et met en évidence une économie en pleine transformation, stimulée par l’exploitation des hydrocarbures, tout en révélant des vulnérabilités dans plusieurs secteurs traditionnels.
Une croissance portée par les hydrocarbures
En 2024, le produit intérieur brut (PIB) réel du Sénégal a progressé de 6,9 %, contre 4,3 % en 2023. Cette accélération s’explique essentiellement par la forte dynamique du secteur secondaire, dont la valeur ajoutée a grimpé de 20 %.
Cette performance est principalement liée au démarrage de la production pétrolière sur le champ de Sangomar. Les activités extractives ont ainsi enregistré une hausse spectaculaire de 220,7 %.
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Toutefois, le rapport souligne que, sans la contribution du pétrole, la croissance dite «hors hydrocarbures» se limiterait à 2,6 %, traduisant une dépendance croissante de l’économie à cette nouvelle manne.
Agriculture et industrie sous pression
À l’opposé de l’essor extractif, le secteur primaire a reculé de 1 %. La contre-performance s’explique par une campagne agricole difficile. Les productions de mil et de maïs ont chacune chuté de 12,7 %, tandis que celle de l’arachide a fortement diminué (-24,8 %), affectée par des irrégularités pluviométriques et des attaques parasitaires. Les inondations enregistrées en octobre dans la vallée du fleuve Sénégal ont également pesé sur les rendements.
Dans l’industrie hors extractif, la tendance reste modérée. L’indice de production manufacturière a légèrement baissé (-0,4 %). Le secteur du BTP a connu un net ralentissement, avec une croissance ramenée à 1,1 % après 17,4 % en 2023, en raison notamment de la suspension de plusieurs projets publics. Le raffinage de pétrole affiche également un repli de 8,9 % en volume.
Inflation en baisse, finances publiques sous tension
Sur le front des prix, la situation s’est améliorée. L’inflation a fortement ralenti pour s’établir à 0,8 % en 2024, contre 5,9 % l’année précédente, portée par une accalmie des prix des produits alimentaires. En revanche, les finances publiques présentent un tableau contrasté. Les recettes fiscales ont progressé de 6,7 %, mais les recettes globales de l’État ont diminué de 3,3 %, pénalisées par la baisse des dons et autres ressources.
Dans le même temps, les dépenses publiques ont augmenté de 3,7 %, accentuant le besoin de financement. À fin 2024, la dette de l’administration centrale est estimée à 23 273,4 milliards de FCFA, en hausse de 27,2 %.
Un tournant historique pour le commerce extérieur
L’année 2024 marque un changement notable dans les échanges extérieurs. Les exportations ont progressé de 21,3 %, atteignant 3 909 milliards de FCFA.
Cette hausse est largement imputable aux ventes de pétrole brut, qui ont généré 464,6 milliards de FCFA contre seulement 15,9 milliards en 2023. Les produits pétroliers raffinés représentent désormais plus d’un cinquième des exportations totales (20,3 %). L’or demeure également un pilier, avec 15,1 % des recettes d’exportation. Grâce à cette dynamique, le déficit commercial s’est réduit, passant de 17,8 % du PIB en 2023 à 11,9 % en 2024.