L’opposant camerounais Anicet Ekane, arrêté dans un contexte de tensions post-électorales, est décédé en détention. D’après le rapport d’autopsie cité mardi 24 février par le ministère de la Défense, il s’agirait d’une « mort naturelle ».
Âgé de 74 ans, cette figure de la gauche nationaliste avait été interpellée à la fin du mois d’octobre 2025, peu avant la proclamation officielle de la réélection de Paul Biya, 93 ans, pour un huitième mandat. Il est mort début décembre à Yaoundé alors
qu’il se trouvait toujours en détention.
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Les conclusions de l’expertise médico-légale
D’après le communiqué du ministère de la Défense, lu sur les antennes du media national, CRTV, l’examen médico-légal ordonné par les autorités n’a relevé aucune trace de violence. Le corps d’Anicet Ekane a été remis à sa famille lundi, d’après la CRTV.
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Le rapport fait état d’une absence totale de lésions traumatiques et mentionne l’existence de pathologies graves chez un patient présentant d’importants antécédents médicaux. Les autorités concluent ainsi à une mort d’origine naturelle.
Un contexte post-électoral tendu
Anicet Ekane avait été arrêté à Douala aux côtés d’autres responsables politiques ayant soutenu la revendication de victoire de Issa Tchiroma Bakary à l’issue de la présidentielle du 12 octobre 2025. Selon l’enquête citée par le rapport d’autopsie , son arrestation et son placement en garde à vue seraient liés à son implication présumée dans des manifestations violentes survenues à Douala avant et après l’annonce des résultats du scrutin.
Des réactions nationales et internationales
À la suite du décès de l’opposant, plusieurs représentations diplomatiques, notamment celles du Canada, du Royaume-Uni et de l’Union européenne, avaient réclamé une enquête transparente sur les circonstances de sa mort. Le principal opposant camerounais, Maurice Kamto, avait pour sa part dénoncé ce qu’il qualifiait de « crime d’État ».
Les accusations de la famille
La famille d’Anicet Ekane a affirmé qu’il était détenu de manière arbitraire et dans des conditions inhumaines. Elle a notamment soutenu que son appareil d’assistance respiratoire, dont il faisait un usage quotidien en raison de graves troubles cardiaques et respiratoires, lui aurait été retiré.
Selon ses proches, ses pathologies étaient connues des autorités judiciaires, qui auraient été alertées de la détérioration de son état de santé. De son côté, le ministère de la Défense avait assuré que l’opposant souffrait de maladies chroniques et qu’il bénéficiait d’un suivi médical approprié en détention.
Notre Afrik avec AFP