Selon les conclusions du Round 10 d’Afrobarometer (2024-2025), une large majorité de Gabonais exprime une méfiance à l’égard de l’institution en charge des élections. En effet, 79 % des personnes interrogées affirment n’avoir «pas du tout» ou «pas très» confiance dans l’organe de gestion des scrutins.
Ce résultat place le Gabon parmi les pays les moins bien classés du continent. À l’échelle des 37 États africains sondés, la moyenne du manque de confiance s’établit à 57 %,
un niveau nettement inférieur à celui observé au Gabon.
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Une défiance transversale dans la société
L’étude révèle que cette méfiance ne se limite pas à une catégorie particulière de la population. Hommes et femmes, jeunes et adultes partagent un scepticisme similaire. Toutefois, la défiance est particulièrement marquée chez les 18-35 ans. Près de six jeunes sur dix disent ne pas faire confiance à l’organe électoral.
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Le doute est aussi plus prononcé chez les habitants des zones urbaines, les personnes disposant d’un niveau d’instruction post-secondaire et celles confrontées à une forte précarité économique. Plus largement, l’Afrique centrale apparaît comme la région la moins confiante du continent en matière de gestion électorale, avec seulement 25 % d’opinions favorables.
Un contexte politique en pleine recomposition
Ces résultats interviennent dans une période charnière pour le Gabon. À la suite du coup d’État militaire d’août 2023, le pays a enchaîné plusieurs consultations majeures : un référendum constitutionnel à la fin de 2023, une élection présidentielle en avril 2025, puis des législatives, sénatoriales et locales au dernier trimestre 2025.
Ces scrutins ont été organisés par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, après la dissolution du Centre gabonais des élections (CGE), conformément aux recommandations du Dialogue national inclusif et aux dispositions de la nouvelle Constitution. L’objectif affiché était de renforcer l’impartialité et la transparence du processus.
Selon les conclusions du Round 10 d’Afrobarometer, si le référendum et la présidentielle n’ont pas suscité de contestations majeures, les élections législatives et locales ont ravivé les critiques, notamment autour d’allégations de fraudes et de transports d’électeurs.