En plus de cette réclusion, le président du parti d’opposition « Les Transformateurs » va devoir verser une amende d’un milliard de FCFA à l’État.
La première chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djamena a rendu, samedi 9 août, son verdict à l’encontre de Succès Masra, ancien Premier ministre du Tchad et président du parti d’opposition ‘’Les Transformateurs’’. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle et à une amende d’un milliard de francs CFA (soit plus de 1,77 million de dollars US).
Succès Masra et plusieurs coaccusés étaient poursuivis pour leur rôle présumé dans les violents affrontements intercommunautaires survenus à Mandakao le 14 mai dernier. Ces affrontements ont causé plusieurs dizaines de morts. Le tribunal les a déclarés coupables de diffusion de propos haineux et xénophobes, ainsi que de complicité de meurtre.

Requalification des charges initiales
Initialement, les chefs d’accusation comprenaient incitation à la haine et à la révolte, formation et complicité de bandes armées, complicité d’assassinat, incendie volontaire et profanation de sépultures. La Cour a finalement requalifié ces faits avant de prononcer la condamnation.
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La défense dénonce une justice instrumentalisée
Me Kadjilembaye Francis, porte-parole du collectif d’avocats de la défense, a vivement critiqué le jugement. « Notre client vient d’être humilié. Il a été condamné sur la base d’un dossier vide, sans preuve tangible. C’est une illustration flagrante de l’usage politique de la justice », a-t-il déclaré, affirmant que la défense ne compte pas baisser les bras.
Lire : Tchad : le procureur requiert 25 ans de prison ferme contre Succès Masra
Le deuxième vice-président du parti Les Transformateurs, le Dr Sitack Yombatinan Béni, a lui aussi condamné le verdict, qualifiant le procès de « honte ». « En droit pénal, une condamnation doit s’appuyer sur des preuves. Or ici, aucune preuve n’a été présentée », a-t-il expliqué devant les militants du parti réunis pour l’occasion.
Le parquet avait requis 25 ans de réclusion
La veille du verdict, soit le 8 août, le procureur général Bruno Louapambe Mahouli avait requis une peine de 25 ans de prison ferme à l’encontre de Succès Masra et de ses coaccusés, ainsi qu’un versement de 5 milliards de francs CFA à l’État au titre des réparations. « La peine de réclusion à perpétuité étant écartée, nous demandons 25 ans de prison », avait-il précisé. Succès Masra avait été placé en détention préventive à la prison de Klessoum, à N’Djamena, le 21 mai dernier, après une audition menée par un juge d’instruction.








