L’influenceur burkinabè, incarcéré dans la capitale ivoirienne, aurait été découvert sans vie dans sa cellule le 24 juillet, d’après les autorités judiciaires ivoiriennes, qui avancent l’hypothèse d’un suicide.
Le gouvernement burkinabè a exprimé, ce lundi 28 juillet 2025, son mécontentement face à la gestion par la Côte d’Ivoire du décès d’Alain Traoré, alias Alino Faso, figure bien connue des réseaux sociaux. L’influenceur burkinabè, détenu à Abidjan, aurait été retrouvé mort dans sa cellule le 24 juillet, selon les autorités judiciaires ivoiriennes, qui avancent la thèse du suicide.
Face à cette situation, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Ouagadougou. L’entretien visait à obtenir des éclaircissements officiels sur les circonstances de la mort d’Alino Faso et à demander le rapatriement de son corps au Burkina Faso. L’Agence d’information du Burkina (AIB) a relayé l’information, illustrée d’une photo de la rencontre, via ses canaux officiels.

Une procédure jugée irrespectueuse
Le ministère a regretté que l’annonce du décès ait été initialement découverte via les réseaux sociaux, sans notification officielle préalable. Pour les autorités burkinabè, cette manière de procéder constitue une violation des usages diplomatiques et une atteinte au respect dû à un État souverain et à ses citoyens. « C’est un manque de considération, tant pour le gouvernement que pour la famille du défunt, contrainte d’apprendre la nouvelle dans des conditions inacceptables », a déclaré le ministre Karamoko Jean Marie Traoré, dénonçant un traitement empreint de mépris.
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La frustration des autorités burkinabè est d’autant plus vive que l’annonce du décès n’a été rendue publique que trois jours après les faits. Le ministre a insisté pour que des explications précises soient fournies par les autorités ivoiriennes et que la dépouille d’Alino Faso soit transférée au Burkina Faso. « Il demeure un citoyen burkinabè, et à ce titre, nous exigeons de recevoir son corps. Nous voulons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame », a martelé Karamoko Jean Marie Traoré.
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Le communiqué du procureur de la République d’Abidjan, publié le 27 juillet, indique qu’Alain Traoré aurait tenté de se trancher les veines avant d’être retrouvé pendu dans sa cellule. Une enquête a été ouverte afin d’établir les faits. Poursuivi depuis janvier 2025, Alino Faso faisait l’objet de plusieurs chefs d’accusation. En effet, il était incarcéré pour complot contre l’État, espionnage, intelligence avec une puissance étrangère, et diffusion de fausses informations. La justice ivoirienne souligne que les investigations se poursuivent pour déterminer s’il s’agit bien d’un suicide ou si d’autres éléments doivent être pris en compte.








