Burkina Faso : l’ex-ministre de la Jeunesse accusé d’enrichissement illicite

L’enquête ouverte par l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption révèle des faits troublants tels que la rénovation d’une ferme à Saaba, des acquisitions immobilières et des dépôts bancaires suspects.

Au Burkina Faso, l’ancien ministre de la Jeunesse, Salifo Tiemtoré, est mis en cause pour des infractions telles que fausse déclaration d’intérêt et de patrimoine, blanchiment de capitaux et financement occulte de partis politiques. En février 2023, une dénonciation anonyme alerte l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) au sujet d’un enrichissement soudain et suspect de l’ex-ministre.

 

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Salifo Tiemtoré a d’abord siégé comme député du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avant d’entrer au gouvernement en janvier 2019. Il y a occupé plusieurs fonctions, notamment celle de ministre de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, puis celle de ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat jusqu’en décembre 2021.

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Une enquête ouverte

L’enquête ouverte par l’ASCE-LC met en lumière plusieurs éléments troublants tels que la rénovation d’une ferme de dix hectares à Saaba, l’acquisition de biens immobiliers et de véhicules, des dépôts bancaires élevés sans origine clairement établie. Parmi les transactions scrutées figurent deux versements suspects de 40 et 80 millions de Fcfa sur un compte bancaire local. D’après les journaux locaux, l’ex-ministre affirme que ces sommes proviendraient de transferts effectués par son fils vivant aux États-Unis, mais les témoignages d’agents bancaires contredisent cette version. Selon eux, les fonds ont été remis en paquets scellés BCEAO, soulevant des doutes sur leur origine réelle.

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Comptes bancaires non déclarés

Les enquêteurs relèvent également l’encaissement de trois chèques, dont l’un d’un montant de 35 millions Fcfa, sans justificatifs clairs sur leur usage. Plus grave encore, les comptes bancaires concernés n’auraient jamais été mentionnés dans les déclarations officielles de patrimoine de Salifo Tiemtoré. L’ASCE-LC y voit une manœuvre délibérée de dissimulation. Les soupçons portent aussi sur un éventuel usage de ces fonds à des fins politiques, notamment pour le financement de campagnes électorales.

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