Mali : suppression de la charte qui régit les partis politiques

La décision a été adoptée ce lundi 12 mai par le Conseil national de la transition avec 130 voix favorables, 2 contre et aucune abstention.

À Bamako, ce lundi 12 mai 2025, le Conseil national de la transition (CNT) a voté en séance plénière la suppression des partis politiques (loi n° 05-047) et le statut de l’opposition politique (loi n° 2015-007). Ces deux textes clés encadrent l’activité politique au Mali. La décision a été adoptée avec 130 voix favorables, 2 contre et aucune abstention.

Mali : suppression de la charte qui régit les partis politiques
séance plénière de ce 12 mai

Souleymane Dé, président de la Commission des lois du CNT, précise aux journalistes que la proposition de loi portait exclusivement sur l’annulation de la charte des partis politiques et du statut de l’opposition. « Cela signifie que ces deux textes ne seront plus applicables », indique-t-il. Selon lui, ces cadres juridiques, vieux respectivement de 20 et 15 ans, ne répondent plus aux réalités politiques actuelles du pays. « Il s’agit désormais de doter le gouvernement des outils juridiques nécessaires pour élaborer une nouvelle charte, dans un climat apaisé », ajoute Souleymane Dé.

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Multipartisme et démocratie garantis

Le président de la Commission des lois du CNT a également précisé que l’abrogation ne conduit en aucun cas à la dissolution des partis politiques. Par ailleurs, il a ajouté que cette mesure ne remet nullement en question le multipartisme ni la démocratie durement conquise par le peuple malien. « Abroger une loi ne signifie pas dissoudre », clarifie-t-il.

Lire : Mali : un nouveau départ sans partis politiques sous l’égide du général Assimi Goïta

Malgré ces assurances, le président de la transition, le général Assimi Goïta, a annoncé le 8 mai la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités de tous les partis politiques, associations et organisations à caractère politique, invoquant des impératifs d’ordre public. Cette décision intervient alors que le Collectif des partis politiques pour la Constitution, qui regroupe une centaine de formations politiques et de mouvements, prévoyait une manifestation le 9 mai pour dénoncer l’abrogation de la charte, exiger la fin de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel.

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