Frédéric Mounsi, le Dr Bienvenue Bello et leur guide ont été tués le 2 mars dernier dans l’arrondissement de Mblada par des riverains qui les ont pris pour des terroristes de Boko Haram. Une méprise qui suscite indignation et consternation au sein de l’opinion publique.
Le 2 mars 2025, deux chercheurs et leur guide ont été tués à Soulédé-Roua, dans l’arrondissement de Mblada. Suite à ce meurtre, 21 suspects ont été arrêtés et sont actuellement détenus à la compagnie de gendarmerie de Mokolo. Parmi eux, une femme a été interpellée. C’est cette dernière qui avait averti le village de la présence d’individus ressemblant à des membres de la secte terroriste Boko Haram. Le nombre de personnes interpelées pourrait augmenter, car l’enquête se poursuit et de nouvelles arrestations sont attendues.

L’opération d’interpellation a été lancée dans le cadre d’un bouclage planifié au village de Mblada, situé dans la région de l’Extrême-Nord. Les forces de sécurité ont encerclé le village à l’aube, empêchant toute fuite possible des présumés coupables. Selon un habitant, plusieurs suspects impliqués dans l’exécution de ces trois hommes ont fui le village après le meurtre afin d’échapper à la justice.
Une condamnation unanime et des appels à la justice
La tragédie a suscité une vive réaction du Syndicat national des chercheurs (Synac), dont le président, Alban Ngatchou, condamne fermement cet acte. En effet, il appelle à l’ouverture immédiate d’une enquête pour traduire les auteurs en justice. Le préfet du Mayo-Tsanaga, Jean Bosco Avom Dang, dans un communiqué publié après le drame, souligne que les arrestations discrètes vont se poursuivre afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
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Ce jour là, Frédéric Mounsi, chercheur au Centre de recherches géologiques et minières de Garoua, Dr Bienvenue Bello, enseignant dans les universités de Garoua et Ngaoundéré, ainsi que leur guide, Kabalay Oumarou, ont été capturés par des villageois à Mblada. Ils ont été torturés, ligotés, puis brûlés vifs, leurs corps étant ensuite enterrés dans une fosse commune.
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Révélation de l’identité des victimes et avancées judiciaires
Une vidéo choquante, diffusée largement sur les réseaux sociaux dès le lendemain de l’incident, a révélé que les victimes n’étaient pas des terroristes, comme initialement supposé, mais des chercheurs camerounais innocents. Ces nouveaux éléments ont conduit à une avancée judiciaire significative. Les prévenus vont bientôt etre transférés à Maroua pour être entendus par un juge d’instruction. Ce développement pourrait enfin offrir une forme de réconfort aux familles des victimes, qui craignaient que les corps de leurs proches ne demeurent anonymes dans une fosse commune.
Sonia Feugap