Selon un agent de la police, environ 2 000 protestataires, principalement vêtus des couleurs de la RDC, se sont rassemblés pour réclamer des sanctions européennes contre le Rwanda.
Ce mardi 4 février 2025, plusieurs centaines de Congolais ont manifesté devant la délégation de l’Union européenne (UE) à Pretoria pour exiger des sanctions européennes contre le Rwanda. La manifestation fait suite à l’avancée rapide du groupe armé M23 et des troupes rwandaises à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon un officier de police, près de 2 000 manifestants, portant pour la plupart les couleurs de la RDC, se sont rassemblés devant le bâtiment de l’UE, situé dans le quartier diplomatique de la capitale sud-africaine.

Elie Kalonji Ikasereka, un commerçant congolais qui vit à Johannesburg, exprime l’un des principaux motifs de la manifestation. « Nous demandons à l’Union européenne que les mesures appliquées à la Russie le soient aussi au Rwanda et à son président Paul Kagame », explique-t-il. Il ajoute que les manifestants ne s’opposent pas au peuple rwandais, mais à ses dirigeants. D’autres participants expriment aussi leur opposition au protocole d’accord signé entre l’UE et le Rwanda sur les matières premières en février 2024. Ils considèrent cet accord comme un soutien à l’exploitation illégale des ressources congolaises.

📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Critiques contre le soutien européen au Rwanda
Monique Mbiya Nkolombo, une autre manifestante, critique vivement cet accord, accusant l’UE de soutenir le Rwanda dans le pillage des ressources naturelles de la RDC. « Si l’UE a besoin de quelque chose au Congo, qu’elle entre par la grande porte, qu’elle arrête d’acheter les minéraux passés par le Rwanda », déclare-t-elle. Le réseau Europe-Afrique centrale (Eurac), un collectif d’ONG européennes, dénonce également cet accord et estime qu’il contribue à l’escalade des tensions régionales.

Les tensions continuent à l’est de la RDC.
La situation en RDC reste tendue, notamment après la confusion qui règne à Goma la semaine dernière. Bien que les combats se soient temporairement calmés dans la ville, des affrontements se poursuivent dans la province voisine du Sud-Kivu. Ce qui alimente les craintes d’une avancée du M23 vers Bukavu. Chriss Zas’s, un activiste congolais, exprime lui aussi son désarroi. « Il n’y a aucune voix qui menace Kagame de manière pragmatique ; nous, Congolais, nous souffrons », confie-t-il.
Lire : RDC : des « volontaires » s’inscrivent à Bukavu pour défendre le pays
Depuis hier mardi 4 février, le M23 a annoncé un cessez-le-feu « pour des raisons humanitaires ». Entre-temps, un sommet entre les présidents rwandais et congolais est prévu vendredi et samedi, soulevant l’espoir d’une désescalade de la situation.
Notre Afrik avec AFP








