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Pétrole du Bénin : Sèmè renaît avec 250 000 barils

Carte-titre sur le pétrole du Bénin et le retour du champ offshore de Sèmè

Le pétrole du Bénin revient sur le marché : environ 250 000 barils tirés du champ offshore de Sèmè doivent être proposés à l’international en octobre 2026, première cargaison de brut béninois depuis près de trente ans. Exploité de 1982 à 1998, le champ avait livré environ 22 millions de barils avant d’être arrêté, quand le baril valait autour de 14 dollars. Il produit aujourd’hui environ 3 000 barils par jour.

Sèmè, un champ arrêté mais pas épuisé

Découvert à la fin des années 1960, Sèmè se trouve par 20 à 30 mètres d’eau seulement. Son arrêt en 1998 ne tenait pas à l’absence de pétrole, mais à l’économie : à 14 dollars le baril, poursuivre l’exploitation d’un petit champ offshore n’était plus rentable. Le pétrole restant, lui, n’avait pas disparu.

Le champ est relancé par Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International. Akrake détient 76 % du bloc 1, qu’elle opère. L’État béninois en détient 15 % et la société béninoise Octogone Trading 9 %. Les réserves prouvées et probables de la phase actuelle sont estimées à 5,7 millions de barils, selon les chiffres concordants relayés par la presse.

Le pétrole du Bénin mise sur un modèle à bas coût

Ce qui a changé, c’est le modèle économique. L’opérateur utilise une unité mobile de production installée sur une plateforme autoélévatrice (jack-up) et une unité flottante de stockage et de déchargement, plutôt qu’une plateforme conventionnelle. Les flux ont repris début mars 2026, selon l’Oil & Gas Journal. L’objectif est de réduire le capital nécessaire : un gisement trop petit pour une infrastructure lourde peut devenir rentable avec des équipements plus légers et réutilisables.

Sèmè n’est pas encore un succès industriel acquis. La production actuelle reste inférieure à l’objectif de 5 000 à 6 000 barils par jour, et le redémarrage a connu des difficultés techniques : la première phase de forage n’a pas donné immédiatement les résultats espérés, et le calendrier initial a glissé. À 3 000, voire 6 000 barils par jour, le champ ne fera pas du Bénin une économie pétrolière.

Il ne faut pas non plus confondre deux pétroles. Depuis 2024, le Bénin exporte le brut nigérien d’Agadem, acheminé par le pipeline Niger-Bénin jusqu’au terminal de Sèmè-Kpodji. Le 23 septembre 2026, le ministre béninois de l’Eau et des Mines, Samou Seïdou Adambi, revendiquait l’entrée du pays « dans le cercle des États africains à double flux ». Le brut du champ de Sèmè, lui, est béninois.

D’autres gisements africains attendent leur heure

« Disposer de pétrole dans son sous-sol ne garantit plus sa mise en production », résume l’Agence Ecofin, pour qui « un projet longtemps jugé trop petit, trop coûteux ou difficile à développer peut retrouver une viabilité lorsque ses conditions économiques, techniques ou industrielles changent ». Plusieurs actifs africains posent la même question.

  • Quenguela Norte, Angola. Ce champ terrestre du bassin de la Kwanza a produit jusqu’à environ 12 000 barils par jour et livré 46 millions de barils avant son abandon en 1999. Afentra, qui a obtenu en 2026 une participation opérée de 35 % dans le bloc KON4, y estime plus de 200 millions de barils « en place », ce qui ne signifie pas récupérables. Un pilote est visé au second semestre 2027, sous réserve d’autorisations.
  • Aje, Nigeria. Au large de Lagos, la production a été suspendue en novembre 2021. Le redéveloppement étudié par PetroNor et ses partenaires cible surtout le gaz, le condensat et le gaz de pétrole liquéfié, avec une production pétrolière complémentaire. Le projet reste en préparation.
  • Kudu, Namibie. Découvert en 1974, ce gisement gazier n’est toujours pas en production. BW Energy, qui en détient 95 % aux côtés de la compagnie nationale NAMCOR, y recense environ 190 millions de barils équivalent pétrole de ressources contingentes et prépare un nouveau concept de développement.

Le point commun n’est pas la géologie, mais le coût de chaque baril supplémentaire : technologie, prix du brut, infrastructures existantes et arrivée d’opérateurs indépendants plus petits, pour qui un champ marginal aux yeux d’une major devient un actif majeur. Avant la première production, un gisement reste une possibilité, pas une recette publique.

Pour Cotonou, l’enjeu est désormais de mesurer ce que ce retour génère réellement : recettes, dividendes sur sa part de 15 %, emplois, services locaux et devises. La cargaison d’octobre prouvera qu’un champ peut revenir. La durée de ce second cycle reste à démontrer.

À lire aussi : Bénin : la production pétrolière d’Akrake annoncée pour fin janvier 2026 et Pétrole : le Bénin reçoit ses premiers barils du Niger.

Sources

  • Agence Ecofin, « Pétrole : après Sèmè au Bénin, ces gisements africains qui attendent leur heure », 25 septembre 2026.
  • La Nation (Bénin), 22 septembre 2026, reprise par Xinhua, La Nouvelle Tribune et Afrique-sur7.
  • Oil & Gas Journal, 5 mars 2026 ; Lime Petroleum / Akrake Petroleum Benin.
  • Capmad, « Pétrole : le Bénin bascule dans le cercle des nations africaines à double flux », 23 septembre 2026.
  • Afentra, résultats semestriels, septembre 2026 ; PetroNor, rapport annuel ; BW Energy.

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