Quatre ans plus tard, la victoire face à l’Écosse (1-0), après un match nul prometteur contre le Brésil (1-1), apporte un élément de réponse. Plus qu’un simple succès dans la phase de groupes, ce résultat confirme que le Maroc a réussi là où beaucoup de sélections ayant connu une épopée historique ont échoué, transformer un exploit en
héritage. Car le véritable défi ne commence pas lorsqu’une équipe atteint les sommets. Il commence lorsqu’elle doit y rester.
De la surprise à la continuité
L’histoire du football regorge de sélections qui ont marqué un tournoi avant de disparaître des radars quelques années plus tard. Les performances exceptionnelles créent des attentes, mais elles entraînent aussi des transitions délicates, des changements de génération et parfois des remises en question profondes.
Le Maroc semblait lui aussi confronté à ce risque. Depuis le Qatar, plusieurs cadres ont vieilli, le sélectionneur Walid Regragui a quitté ses fonctions et une nouvelle génération a progressivement pris sa place dans le projet. Pourtant, rien ne semble avoir rompu la dynamique initiée en 2022.
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Face au Brésil puis à l’Écosse, les Lions de l’Atlas ont affiché les mêmes qualités qui avaient fait leur force lors de leur parcours historique, celles une organisation rigoureuse, une capacité à souffrir collectivement et une confiance qui ne dépend plus de l’identité de l’adversaire. La différence est peut-être là. En 2022, le Maroc surprenait. En 2026, il confirme.
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Cette évolution est essentielle. Les grandes nations ne se définissent pas uniquement par leurs exploits, mais par leur capacité à reproduire leurs performances sur plusieurs cycles. C’est précisément ce que les Marocains sont en train de construire.
Une victoire qui change le regard sur le Maroc
Le succès contre l’Écosse n’est pas le plus spectaculaire du tournoi. Il ne restera probablement pas dans les mémoires pour sa qualité de jeu ou son scénario. Mais son importance réside ailleurs.
En prenant quatre points lors de ses deux premières sorties, le Maroc a envoyé un signal à l’ensemble de la compétition. Les Lions de l’Atlas ne sont plus cette équipe que l’on admire pour sa capacité à créer l’exploit. Ils deviennent progressivement une sélection que l’on considère comme un candidat crédible à la qualification et, potentiellement, à un nouveau parcours ambitieux.
Ce changement de perception est peut-être la plus grande victoire du football marocain ces dernières années. Longtemps, les nations africaines ont été jugées à l’aune de leurs coups d’éclat. Le Maroc est en train de démontrer qu’il peut être évalué sur un autre critère, sa régularité.
La qualification pour les huitièmes de finale reste encore à valider. Mais au-delà du classement du groupe C, le Mondial 2026 semble déjà confirmer une tendance plus profonde. Quatre ans après avoir bouleversé la hiérarchie mondiale au Qatar, le Maroc ne cherche plus à prouver qu’il a sa place parmi les grandes nations.
Il est en train de s’y installer.