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Journée internationale Nelson Mandela : le sens du 18 juillet et des « 67 minutes »

Nelson Mandela

Le 18 juillet, jour anniversaire de la naissance de Nelson Mandela en 1918, le monde célèbre la Journée internationale qui porte son nom. Instituée par les Nations unies, elle invite chacun à consacrer « 67 minutes » à sa communauté — une pour chacune des soixante-sept années que Madiba a consacrées à la lutte contre l’injustice. L’occasion de rappeler ce que représente encore, pour l’Afrique et au-delà, le premier président noir d’Afrique du Sud élu au suffrage universel.

Nelson Mandela
Nelson Mandela en 1994. Photo John Mathew Smith, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

Pourquoi le 18 juillet ?

Nelson Mandela naît le 18 juillet 1918 à Mvezo, dans le Transkei, au sud-est de l’Afrique du Sud. C’est cette date que les Nations unies ont retenue : par une résolution adoptée le 10 novembre 2009, l’Assemblée générale a institué la Journée internationale Nelson Mandela, célébrée pour la première fois le 18 juillet 2010. Elle ne commémore pas seulement un homme, mais un modèle d’engagement civique — la conviction que chaque individu peut agir pour la justice et la dignité.

Les « 67 minutes », mode d’emploi

Le cœur de la journée n’est pas un hommage passif, mais un appel à l’action. Chacun est invité à donner au moins soixante-sept minutes de son temps à un service rendu à sa communauté — nettoyer un quartier, aider une école, accompagner des plus vulnérables. Le chiffre n’est pas arbitraire : il fait écho aux soixante-sept années que Nelson Mandela a passées au service de la justice sociale et des droits humains, du militant de l’ombre au chef d’État. Une minute pour chaque année de combat.

Madiba, de Robben Island à la présidence

Le parcours donne à la journée toute sa force. Membre du Congrès national africain (ANC) à partir de 1943, Nelson Mandela est arrêté en 1962 puis condamné à la prison à vie au procès de Rivonia, en 1964. Il purgera vingt-sept années de détention — d’abord au bagne de Robben Island, puis dans les prisons de Pollsmoor et de Victor Verster — avant sa libération, le 11 février 1990. « J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient ensemble en harmonie et avec des chances égales », déclarait-il à ses juges en 1964 ; « c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Libéré, il choisit la négociation plutôt que la revanche. En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix conjointement avec le président sortant Frederik de Klerk, pour avoir démantelé pacifiquement l’apartheid. L’année suivante, à l’issue des premières élections multiraciales du pays, il devient le 10 mai 1994 le premier président noir d’Afrique du Sud, fonction qu’il exercera jusqu’au 14 juin 1999, sans chercher à s’y maintenir.

Un symbole qui dépasse l’Afrique du Sud

Figure de la fin de l’apartheid, Nelson Mandela est devenu un symbole continental de réconciliation et de résistance à l’oppression, dont l’aura dépasse largement les frontières sud-africaines. Sa négociation d’une transition pacifique vers la démocratie multiraciale, plutôt qu’un règlement de comptes, a valeur d’exemple dans les débats africains sur la sortie de crise et la cohabitation. Son parcours, du Congrès national africain à la présidence, en fait une référence récurrente des discours panafricains sur la dignité et l’émancipation du continent.

Une journée pour agir, pas seulement se souvenir

Chaque édition est placée sous un mot d’ordre. Pour 2026, les autorités sud-africaines retiennent le thème « It’s still in our hands to combat poverty and inequity » — « il est encore entre nos mains de combattre la pauvreté et l’iniquité » —, dans le prolongement du cycle décennal 2019-2029 que les Nations unies consacrent à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Une manière de rappeler que l’héritage de Madiba ne se contemple pas : il se prolonge par des actes. « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde », aimait-il répéter. Le 18 juillet, le monde est invité à en faire quelque chose.

Sources : Nations unies (Journée internationale Nelson Mandela) ; Nelson Mandela Foundation ; Encyclopædia Britannica ; comité Nobel (prix de la paix 1993) ; gouvernement sud-africain (GCIS/SAnews) pour le thème 2026.

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