Cette prise de position du président gabonais s’inscrit dans un contexte marqué par une hausse préoccupante des crimes rituels et crapuleux à travers le pays.
À l’occasion de la deuxième journée de la cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An, tenue jeudi 8 janvier à Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a ouvert un débat longtemps considéré comme clos : celui du possible rétablissement de la peine de mort. L’annonce a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique gabonaise.
Une réponse à la montée des crimes violents
Cette décision du chef de l’État gabonais intervient alors que la recrudescence des crimes rituels et crapuleux secoue le pays. Oligui Nguema a indiqué vouloir soumettre cette question sensible à une consultation nationale. Abolie depuis 2010, la peine capitale pourrait ainsi revenir au cœur du débat public dans le cadre d’une réforme plus large du Code pénal, visant à instaurer des sanctions jugées plus dissuasives.

L’alerte du CESEC à l’origine de la réflexion
Selon les médias locaux, cette prise de position présidentielle fait suite aux préoccupations exprimées par Guy Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Lors de son intervention, ce dernier a mis en garde contre la persistance des «crimes de sang», dénonçant leur violence extrême et le climat de peur qu’ils instaurent au sein des familles gabonaises.
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Refusant de trancher seul sur une question à la fois éthique, juridique et sociétale, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi d’en appeler directement aux citoyens. «Cette réflexion doit être portée par le peuple qui m’a élu», a-t-il déclaré. Dans cette optique, il a instruit le gouvernement d’organiser, dans les meilleurs délais, une consultation nationale, dont les contours restent à préciser. Un référendum n’est pas exclu, laissant aux Gabonais le soin de décider du retour ou non de la peine de mort dans l’arsenal judiciaire.
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Fermeté annoncée face à la criminalité
Au-delà du débat institutionnel, le président gabonais a tenu à réaffirmer l’autorité de l’État. Sur un ton résolu, il a promis une lutte sans concession contre la grande criminalité. La traque, a-t-il assuré, concernera aussi bien les auteurs directs des crimes que leurs commanditaires, sans distinction de statut social ou politique. Un message clair destiné à marquer la fin de l’impunité.








