Lors de la réunion du Conseil de la SADC, le secrétaire exécutif Elias Magosi a souligné l’importance croissante pour la région de s’appuyer sur ses propres ressources afin de renforcer son autonomie.
Mardi 12 août, à l’ouverture de la réunion du Conseil des ministres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Madagascar, le secrétaire exécutif Elias Magosi a souligné l’importance croissante pour la région de s’appuyer sur ses propres ressources. Dans un contexte mondial instable, marqué par la montée du protectionnisme commercial et le redécoupage des alliances géopolitiques, il a mis en garde contre la dépendance persistante à l’aide extérieure. « Il devient clair que nous avons plus à gagner en investissant dans notre propre potentiel qu’en comptant sur une aide internationale échappant à notre contrôle », a-t-il affirmé.
Traditionnellement soutenue par des bailleurs internationaux, la SADC a mobilisé plus de 194 millions de dollars pour l’année fiscale 2024/2025, avec un complément de 12 millions récoltés au premier trimestre de 2025/2026. Malgré ces apports, la région fait face à un besoin de financement estimé à 624,5 milliards de dollars pour la mise en œuvre de son Plan indicatif régional de développement stratégique. Les contributions des États membres, quant à elles, restent limitées à 89 millions de dollars.

Renforcer le commerce intra-régional et l’industrialisation
Dans son discours, Elias Magosi a exhorté les gouvernements de la région à intensifier les échanges entre les pays membres et à supprimer les barrières commerciales persistantes. Il a également insisté sur l’importance d’investir dans des infrastructures clés pour favoriser l’intégration économique. L’exportation de matières premières sans transformation a aussi été pointée du doigt. Actuellement, le secteur industriel ne représente que 11 % du produit intérieur brut de la région, loin de l’objectif de 30 % fixé pour 2030. Pour Magosi, un virage vers la transformation locale et la création de valeur est impératif.
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Un agenda régional pour une croissance inclusive
Ces préoccupations rejoignent celles exprimées lors de la 24ᵉ session du Comité des ministres du Commerce de la SADC, tenue à Harare en juin dernier. À cette occasion, les ministres s’étaient engagés à accélérer l’industrialisation, à promouvoir la valeur ajoutée dans les chaînes de production et à dynamiser le commerce des biens et services au sein de la région.
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La réunion actuelle du Conseil des ministres doit permettre d’évaluer l’état d’avancement des projets régionaux, d’identifier les lacunes en matière de financement, et de renouveler l’engagement collectif pour bâtir une SADC compétitive, inclusive et industrialisée.