Cette révision des comptes nationaux va permettre aux autorités de mieux intégrer des secteurs jusque-là sous-évalués, tels que le numérique, les télécoms, l’informel ou les services financiers digitaux.
La République du Congo a conclu un accord de financement avec la Banque africaine de développement (BAD) portant sur un appui technique d’environ 380 millions de FCFA (602 000 dollars). Ce soutien vise à revoir en profondeur la base de calcul de ses indicateurs économiques nationaux, à travers un processus connu sous le nom de rebasage des comptes nationaux.
L’accord a été signé à Brazzaville, par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Intégration régionale, Ludovic Ngatsé, également gouverneur de la BAD pour le Congo, et Léandre Bassolé, directeur général pour l’Afrique centrale au sein du Groupe de la BAD.

Vers une comptabilité nationale conforme aux normes internationales
Ce financement, issu du Fonds d’assistance technique pour les pays à revenu intermédiaire, permettra au Congo d’adopter une norme de comptabilité plus récente : le Système de comptabilité nationale de 2008 (SCN 2008). Cette mise à jour va remplacer le cadre actuel, basé sur le SCN 1993, et va préparer le pays à l’adoption future du SCN 2025, récemment introduit par les Nations unies.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Le SCN 2025 introduit notamment des innovations majeures, telles que l’intégration des biens et services environnementaux dans le calcul de la richesse nationale, une dimension particulièrement pertinente pour un pays riche en ressources naturelles comme le Congo.
Un rebasage pour mieux refléter l’économie réelle
La révision des comptes nationaux vise à mieux représenter des secteurs jusqu’ici mal pris en compte ou sous-estimés, comme le numérique, les télécommunications, l’économie informelle, les ONG, les institutions sans but lucratif ou encore les services financiers numériques.
D’après les projections de la BEAC, le PIB congolais, estimé à 9 296 milliards de FCFA en 2024, devrait atteindre 9 443 milliards de FCFA en 2025. Cette actualisation des données pourrait contribuer à une réévaluation notable de ces chiffres.
Des impacts attendus sur l’endettement et la transparence
Au-delà de la simple augmentation du PIB, le rebasage pourrait également réduire significativement le ratio d’endettement, un indicateur essentiel pour les bailleurs de fonds. Selon Ludovic Ngatsé, cette opération va renforcer la crédibilité économique du Congo auprès de ses partenaires financiers, améliorer son profil de risque, et potentiellement faciliter la mobilisation de financements pour ses projets de développement. Elle s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement de la statistique (SNDS II 2022-2026).
Lire : Gabon : un emprunt record de 1 400 milliards FCFA pour alléger la dette
De son côté, Léandre Bassolé a souligné que cette refonte statistique va permettre au Congo de prendre des décisions économiques mieux fondées, alignées sur la réalité actuelle du pays. Il y voit également un levier pour renforcer la gouvernance économique, améliorer la visibilité du pays sur les marchés internationaux, et intégrer plus efficacement les enjeux de durabilité environnementale dans la mesure de sa richesse nationale.