Le commerce intra-africain coûte chaque année 31 milliards de dollars aux économies du continent à cause de notations de risque surévaluées imposées par les agences occidentales. C'est l'un des constats les plus frappants des résultats préliminaires de l'enquête PAFTRAC 2026 auprès de plus de 2 500 PDG africains, présentés le 16 septembre 2026 lors du Forum public de l'OMC à Genève — une analyse qui constitue désormais l'un des baromètres les plus solides du sentiment des dirigeants africains sur le commerce.
Commerce intra-africain : 31 milliards de dollars de surcoût annuel lié aux notations biaisées
Malgré ce frein structurel, l'optimisme des chefs d'entreprise africains reste élevé : 81,3 % d'entre eux anticipent une croissance de leurs activités transfrontalières au cours des douze prochains mois. Fait notable, le commerce intra-africain a dépassé la Chine, l'Europe et les États-Unis comme principale destination visée par ces dirigeants. Pourtant, dans les faits, la part du commerce intra-africain de marchandises reste bloquée entre 15 et 18 % du total des exportations du continent — un chiffre qui n'a que très peu bougé depuis la mise en place opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
"Le cœur du problème réside dans la perception du risque, ou ce que beaucoup d'entre nous appellent une 'prime de préjugé'", a déclaré le professeur Patrick Utomi, président de PAFTRAC. "Lorsqu'une économie en pleine guerre obtient des conditions de financement plus avantageuses qu'un État africain stable et en paix, c'est que le système interprète mal la réalité." Selon une analyse de la Société financière internationale (SFI), ce surcoût lié aux notations biaisées atteint 31 milliards de dollars par an (≈ 18 700 milliards de FCFA). En parallèle, 57 % des dirigeants interrogés qualifient l'accès au financement pour les transactions transfrontalières de difficile ou très difficile, et la SFI chiffre le déficit de financement des PME africaines à plus de 331 milliards de dollars.
ZLECAf : l'écart entre volonté commerciale et réalité opérationnelle
Sur le terrain, la ZLECAf peine à concrétiser ses ambitions. Si 70,2 % des personnes interrogées font état d'un impact opérationnel tangible des réformes liées à l'accord, plus de la moitié des répondants déclarent ne pas connaître le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), un outil précisément conçu pour réduire la dépendance au dollar dans les transactions intra-africaines. La méconnaissance est tout aussi étendue pour l'E-Tariff Book, l'Observatoire africain du commerce et les outils de signalement des barrières non tarifaires. Cette enquête — passée de 400 répondants en 2021 à plus de 2 500 en 2026 — en est à sa sixième édition. Le rapport complet, incluant des recommandations de politique publique formulées par le secteur privé, est attendu en octobre 2026.
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Avec APO Group.