Le Burkina Faso a franchi un nouveau cap dans sa politique d’ancrage local des grandes entreprises. L’exécutif a adopté un décret contraignant les sociétés réalisant un chiffre d’affaires annuel d’au moins 5 milliards de francs CFA sur les trois derniers exercices à ériger leur siège social dans le pays.
Cette disposition vise notamment les trois opérateurs de téléphonie mobile actifs sur le marché
burkinabè, compte tenu de leur niveau d’activité. Le texte détaille les normes architecturales et techniques applicables, en fonction de la taille et des performances financières des entreprises concernées.
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Quatre catégories définies selon le chiffre d’affaires
Le décret établit quatre paliers, couvrant des tranches de chiffre d’affaires allant de moins de 10 milliards à plus de 100 milliards FCFA. La catégorie A regroupe les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel atteint ou dépasse 100 milliards FCFA. Elles devront construire, au minimum, un immeuble de type R+7, doté d’un parking souterrain et d’un stationnement en surface, tout en respectant des critères d’efficacité énergétique.
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Les opérateurs Moov Africa et Orange figurent dans cette catégorie. D’après les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Onatel a réalisé un chiffre d’affaires de 117,19 milliards FCFA en 2024, 111,76 milliards en 2023 et 120,83 milliards en 2022. Orange affiche, de son côté, 332,91 milliards FCFA en 2024, 299,93 milliards en 2023 et 251,77 milliards en 2022.
Telecel Faso appartient à la catégorie C, qui concerne les entreprises dont le chiffre d’affaires se situe entre 10 et 50 milliards FCFA. Ces sociétés devront construire au moins un immeuble R+4 avec un parking en surface. L’opérateur a enregistré 40,44 milliards FCFA en 2024, 42,41 milliards en 2023 et 45,68 milliards en 2022.
Délais et mesures d’accompagnement
Les entreprises disposent d’un délai de six mois pour soumettre leurs dossiers à une commission interministérielle compétente. Elles auront ensuite 36 mois pour finaliser les travaux.
Afin de faciliter la mise en œuvre du décret, l’État prévoit certaines incitations, notamment des exonérations sur les matériaux de construction ainsi que la possibilité d’acquérir des parcelles viabilisées auprès de la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR).
Des priorités numériques à concilier
Reste à déterminer si ces nouvelles exigences immobilières auront un impact sur les capacités d’investissement des opérateurs dans les infrastructures numériques. Le gouvernement affiche pourtant des ambitions élevées en matière de transformation digitale, notamment la généralisation du haut débit, l’extension de la fibre optique et la couverture des zones blanches.