Cette mobilisation avait pour objectif de pousser les nouvelles autorités à instaurer des lois plus strictes.
Environ une centaine de personnes ont défilé hier, vendredi 23 mai, dans une banlieue de Dakar pour réclamer un durcissement des sanctions contre l’homosexualité. Cette manifestation visait à interpeller le nouveau gouvernement sénégalais afin qu’il adopte une législation plus répressive. Sur place, les manifestants scandaient des slogans tels que « L’homosexualité n’existera pas au Sénégal », tout en arborant des pancartes appelant à une « tolérance zéro » et à une « criminalisation totale ». La marche a perturbé la circulation, sous le regard des forces de l’ordre, selon les journalistes présents.
Ce rassemblement a été organisé à l’initiative de plusieurs groupes, dont l’ONG islamique Jamra, le collectif Noo Lank qui se revendique comme défenseur des valeurs sociales ainsi qu’un rappeur engagé. Ces acteurs cherchent à faire pression sur les autorités pour qu’elles prennent des mesures plus strictes. L’homosexualité reste un sujet extrêmement sensible au Sénégal, où les personnes LGBT+ sont régulièrement confrontées à la stigmatisation et aux discriminations.

Un contexte légal et religieux rigide
Dans ce pays majoritairement musulman (à 95 %), les relations homosexuelles sont perçues comme contraires aux normes religieuses et culturelles. Le code pénal actuel punit les actes « contre nature » entre personnes de même sexe d’une peine allant d’un à cinq ans de prison. Le sujet est souvent utilisé comme levier politique. En 2022, Ousmane Sonko, alors chef de l’opposition et aujourd’hui Premier ministre, avait fait de la lutte contre l’homosexualité un axe fort de sa campagne.
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Une nouvelle tentative législative en cours
Lundi dernier, le collectif And Sàmm Jikko Yi (« Ensemble pour la sauvegarde des valeurs »), regroupant plusieurs associations, a rencontré le groupe parlementaire du parti au pouvoir, Pastef. Ils ont officiellement remis une initiative visant à proposer une loi renforçant les peines contre l’homosexualité. Le projet est désormais entre les mains des députés du Pastef, qui doivent statuer sur sa recevabilité.
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Ce n’est pas la première fois qu’un projet de loi est proposé en ce sens. En décembre 2021, une initiative similaire avait été présentée au Parlement, prévoyant des peines allant jusqu’à dix ans de prison. Le bureau de l’Assemblée nationale avait alors rejeté le texte, estimant la législation en vigueur suffisante. Malgré cela, des manifestations de grande ampleur avaient déjà eu lieu à Dakar en 2021 et 2022 pour réclamer un durcissement des sanctions.
Notre Afrik avec AFP