Le député sénégalais Guy Marius Sagna a déposé ce mardi 15 avril une proposition de résolution à l’Assemblée nationale, visant à mettre en accusation l’ex-président Macky Sall pour « haute trahison ».
Cette accusation porte principalement sur sa gestion des finances publiques durant son mandat.
Mise en accusation pour « haute trahison »
Avant d’être examinée en commission des Lois et potentiellement mise au vote en séance plénière, la proposition doit d’abord être validée par le bureau de l’Assemblée. Si elle est approuvée, la mise en accusation du président ou ancien président doit être votée par une majorité des trois cinquièmes des membres de l’Assemblée nationale. En cas d’adoption, Macky Sall pourrait être poursuivi devant la Haute cour de justice.

Le député Sagna reproche à l’ex-président, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024, d’avoir dissimulé les véritables chiffres concernant la situation économique du Sénégal entre 2019 et 2023. Selon lui, Macky Sall a pratiqué une « gestion opaque » des finances publiques, avec des « manipulations comptables », des « dépenses non retracées » et des « opérations extra-budgétaires non reversées ». Il accuse l’ancien président de « dissimulation systématique » et de « sous-évaluation délibérée » du déficit public et de la dette, ce qui porte atteinte aux principes de l’État de droit budgétaire.
Le rôle de la Cour des comptes et du FMI
La Cour des comptes, dans son rapport de février, a révélé que la dette publique du pays atteint 99,67 % du PIB, un chiffre supérieur à celui annoncé par le précédent gouvernement. Elle a également recalculé le déficit budgétaire pour 2023 à 12,3 %, contre 4,9 % selon les précédentes estimations officielles.
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Guy Marius Sagna a souligné que ces pratiques, qui mettent en péril la crédibilité financière du Sénégal, « constituaient un manquement d’une exceptionnelle gravité », qu’il qualifie de haute trahison. Par ailleurs, il a ajouté que cette manipulation des chiffres publics a de graves conséquences sur la souveraineté financière de l’État. En effet, le Fonds monétaire international (FMI), après une mission de fin mars, a confirmé que des erreurs substantielles avaient été faites dans l’évaluation des déficits et de la dette publique entre 2019 et 2023.
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Depuis leur arrivée au pouvoir en mars 2024, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont régulièrement dénoncé l’état catastrophique dans lequel ils ont trouvé le pays. Fin février, le porte-parole du gouvernement sénégalais, Moustapha Ndjekk Sarré, avait annoncé que Macky Sall, qui réside désormais au Maroc, serait convoqué devant la justice, le qualifiant de « chef de gang ».
Notre Afrik avec Afp