Contrairement aux estimations antérieures, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) devrait enregistrer en 2025 une croissance économique plus faible que celle anticipée.
Selon la Beac, ce ralentissement s’explique avant tout par une baisse anticipée de la production de pétrole dans deux États de la sous-région notamment le Cameroun et il Guinée équatoriale. Les nouvelles projections macroéconomiques publiées en juin 2025 par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) font état d’un ralentissement du PIB à 2,4 %, contre 2,9 % en 2024, selon les données actualisées.

La baisse de la production pétrolière en cause
D’après la Beac, cette décélération s’explique principalement par une réduction attendue de la production pétrolière dans plusieurs pays membres de la sous-région. Lors de la réunion du Comité de politique monétaire tenue à Yaoundé le 30 juin 2025, le gouverneur de la Beac, Yvon Sana Bangui, a souligné que de nombreux gisements pétroliers arrivent à maturité, notamment au Cameroun et en Guinée équatoriale, provoquant une chute des volumes extraits.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Par exemple, la production camerounaise pourrait tomber sous la barre des 3 millions de tonnes, atteignant 2,9 millions de tonnes en 2025, contre 3,3 millions deux ans plus tôt. De son côté, la Guinée équatoriale devrait passer de 3,9 millions de tonnes en 2024 à 3,6 millions en 2025.
Des espoirs déçus malgré des réformes structurelles
En décembre 2024, la Beac avait envisagé une croissance du PIB à 3,2 % pour 2025, portée par plusieurs réformes économiques, notamment la stratégie d’import-substitution à l’échelle régionale. Cette initiative visait à renforcer la production locale de produits essentiels comme la viande, le poisson, le manioc ou encore le riz. Malgré la mise en œuvre progressive de ces mesures, la dynamique escomptée semble avoir été freinée par la dégradation de la production pétrolière, pilier de l’économie régionale.
Lire : Économie : les crédits en zone Cemac sont en hausse de 17,2 % à fin mars 2025
Sur le plan des prix, une note positive ressort des prévisions. La tendance à la baisse de l’inflation devrait se poursuivre. Le taux moyen annuel est attendu à 2,8 % en 2025, contre 4,1 % en 2024. Cette amélioration résulterait de la réduction des importations de produits de grande consommation grâce aux politiques d’import-substitution, et les mesures de régulation monétaire mises en place par la Beac pour contenir l’inflation d’origine interne.
Blaise Deumo