Togo : deux élèves condamnés pour outrage au président

Fousséni Abibou et Blaise Koffi Waké écopent de six mois de prison avec sursis.

Ces deux jeunes togolais âgés Fousséni Abibou âgé de 24 ans et Blaise Koffi Waké, 21 ans ont été condamnés à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Grande Instance de Lomé le mercredi 29 mai. Leur délit est d’avoir tenu des propos jugés « outrageants » envers les représentants de l’autorité publique. A l’origine de cette histoire, une vidéo publiée sur TikTok dans laquelle, ils expriment leur mécontentement vis-à-vis du changement constitutionnel en interpellant directement le président Faure Gnassingbé. Leurs avocats et certains membres de la société civile estiment qu’ils n’ont fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression.

Les deux jeunes condamnés. (c) /lomeactu.com

Lors du procès, leur déclaration écrite a été présentée, et les accusés n’ont pas contesté les faits. Bien au contraire, Ils ont plutôt imploré la clémence du tribunal. Alors que l’élève Blaise Koffi Waké et l’apprenti Fousséni Abibou évitent la prison, leur avocat, Elom Koffi Kpade, dénonce ce qu’il qualifie de “pur abus de procédure” dans leur condamnation. Pour lui, les propos de ces jeunes ne justifient en aucun cas l’accusation d’outrage. Par conséquent, aucun des avocats des deux condamnés ne prévoit de faire appel. Les élèves accusés ont été libérés immédiatement après le verdict de la cour.

Lire aussi: Togo : une nouvelle constitution bascule le pays au régime parlementaire

Rappelons que les faits remontent au 31 mars dernier, où les deux amis ont partagé une vidéo sur TikTok, qui a été visionnée plus de 500 000 fois. Ils y ont directement interpellé le président Faure Gnassingbé. « Nous voulons vous rappeler que le Togo n’appartient pas uniquement à vous, mais à nous tous. Vous vous êtes retranché avec 91 députés à minuit trente pour décider de ce qui vous convient », clament-ils dans la vidéo. Ils font ainsi référence à l’adoption de la nouvelle constitution tard dans la nuit du 26 mars dernier. Le message vidéo exprime également des critiques sur la gestion économique de l’Exécutif et le fort taux de chômage parmi les jeunes diplômés.

Sonia Feugap