Rwanda : Bernard Ntaganda ne pourra pas se présenter à la présidentielle

La Haute Cour rwandaise a rejeté mardi l’appel de la figure de l’opposition qui réclamait l’annulation de ses condamnations antérieures.

 

L’opposant rwandais Bernard Ntaganda ne va pas être parmi les candidats de la présidentielle qui aura lieu le 15 juillet prochain. L’homme politique est disqualifié. « La Haute Cour a conclu que Bernard Ntaganda n’a pas respecté la loi qui impose aux individus de demander l’annulation de leur condamnation, et rejette ainsi son appel », a déclaré le tribunal.

En février dernier, l’opposant politique de 55 ans a demandé au tribunal de Kigali d’annuler les charges qui pèsent contre lui depuis plus de dix ans. Les trois juges qui ont étudié la demande l’ont refoulée faisant savoir que le fondateur du parti PS-Imberakuri n’a pas payé les 106.000 francs rwandais de frais de justice en lien avec une précédente affaire. Une déclaration que dément Bernard Ntaganda. Il affirme détenir la preuve du paiement de ces frais. La décision du tribunal « n’était pas un résultat surprenant » selon lui. L’opposant a déclaré que : « le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir ne peut pas permettre aux tribunaux d’être indépendants ».

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En 2010, l’avocat a tenté de se présenter à la présidentielle mais il a été arrêté avant le début du vote. Il était accusé de menaces envers la sécurité de l’Etat et d’attiser des divisions ethniques. Il a ensuite purgé sa peine avant d’être libéré en 2014. Selon la loi rwandaise, une personne condamnée à plus de six mois de prison ne peut exercer de fonction publique. Figure emblématique de la politique rwandaise depuis 1994, Bernard Ntaganda est le deuxième membre de l’opposition à être empêché de participer au scrutin présidentiel contre Paul Kagame cette année. Après une condamnation à une peine de prison en 2013, Victoire Ingabire, une autre opposante, n’a pas elle aussi pu obtenir la restauration de ses droits civiques en justice en mars dernier.

Ce vendredi 17 mai marque l’ouverture de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle de 2024 au Rwanda. Jusqu’ici, seuls les opposants Diane Rwigara et le député Frank Habineza ont déclaré leur intention de se présenter face au chef de l’État qui est au pouvoir depuis 2000.

Sonia Feugap avec AFP