RDC: une bibliothèque mobile dans les rues de Bukavu

L’initiative vise à favoriser l’accès à la lecture dans une ville de 3 millions d’habitants, où il y a moins de 5 bibliothèques publiques physiques.

À l’arrivée du bibliobus gratuit au Complexe Scolaire le Progrès, situé au cœur du chef-lieu du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), les élèves se plongent dans la lecture pendant deux heures. La séance de lecture s’effectue dans la cour de l’établissement, à l’intérieur du bus comme à l’extérieur. Les élèves en sont ravis. Habitués à lire uniquement des manuels scolaires dans leur bibliothèque à l’école, les élèves ont maintenant l’embarras du choix sur les différents genres littéraires proposés: les romans, les fables, les mangas, les manuels et bien plus encore, adaptés au programme d’enseignement congolais.

Les établissements primaires sont la principale cible de la bibliothèque ambulante appelée “Kitabus”, qui signifie “livre” en Swahili, et “Bus” pour le moyen de transport. Le concept initié par l’Institut français de Bukavu, dans l’Est de la RDC, vise à promouvoir l’éducation de base dans la région en rendant la lecture accessible à tous. Le Kitabus répond ainsi aux problèmes potentiels de mobilité et au faible intérêt accordé à la lecture dans la ville de Bukavu. Le projet est très apprécié des élèves et enseignants surtout qu’il représente une première en RDC, jetant ainsi les bases pour favoriser l’accès à la lecture de manière innovante.

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Grâce à cette mobilité du bus, la proximité entre les élèves et la lecture est désormais plus efficace. Les élèves ont ainsi accès aux livres qu’ils n’auraient jamais imaginé pouvoir lire auparavant. « À cette heure, je consulte l’atelier de Roxanne. Je me sens à l’aise et heureuse d’être ici et de voir des livres. Cela va m’aider à écrire, à bien lire, à consulter et à aimer les livres », a déclaré Johanna Bizimana, une élève. Le directeur de cet établissement d’enseignement primaire voit dans cette initiative une excellente façon d’encadrer les élèves pendant les heures creuses. Elle contribue au renforcement du système éducatif congolais qui fait face à certains défis dans la mise en œuvre de sa politique de gratuité de l’enseignement de base. « Nos enfants seront capables d’exploiter des manuels après cette activité », a indiqué Modeste Bushishi, directeur du Complexe Scolaire le Progrès à Afrikanews. Il a aussi souligné le goût de la lecture que suscite le projet chez les enfants.

Pour Enabel (Agence belge de développement), qui soutient ce projet, l’éducation de base est le premier pas vers l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes. Elle représente le moyen privilégié pour former une génération capable de relever les défis du développement dans un avenir proche. Cette initiative constitue donc une valeur ajoutée considérable dans le programme scolaire. Selon Patrick Zezé Irenge, un officier de Enabel, stimuler le goût de la lecture chez les enfants et les jeunes est un symbole d’épanouissement au-delà de l’acquisition de connaissances. « L’intervention jeunesse créative vise à valoriser le potentiel de la jeunesse. À travers la lecture, les jeunes apprennent beaucoup, ils apprennent surtout à être autonomes dans de nombreux domaines. Nous avons soutenu ce projet car nous sommes convaincus que les jeunes doivent acquérir une culture de lecture, d’échange et de partage pour s’épanouir », a affirmé Patrick Zézé Irenge.

Tatiana Kuessie