Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Mali du 5 au 9 octobre 2026 pour examiner, avec le Mali, les perspectives d’un programme économique et financier appuyé par une Facilité élargie de crédit (FEC). Selon le ministère malien de l’Économie et des Finances, il s’agissait de préparer l’ouverture de négociations : aucun accord n’a été conclu, et aucun montant ni aucune durée n’ont été annoncés.
FMI Mali : une mission préparatoire, pas un accord
La réunion de clôture s’est tenue le vendredi 9 octobre 2026 sous la présidence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, indique le communiqué du ministère. La délégation du FMI a aussi rencontré les ministres des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, ainsi que de l’Industrie et du Commerce. Les échanges ont porté sur « la croissance, l’inflation, les finances publiques, la situation monétaire et du secteur bancaire, ainsi que les comptes extérieurs ».
Les prochaines étapes annoncées sont « la transmission d’informations complémentaires et l’organisation de visioconférences, en vue de préparer l’ouverture de négociations ». Aucun calendrier n’a été rendu public. Au 13 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucun communiqué du FMI sur cette mission.
Au FMI, un programme passe en principe par des négociations conclues par un accord au niveau des services (un accord technique entre les équipes du Fonds et les autorités), puis par l’approbation du conseil d’administration, qui déclenche le premier décaissement. Le Mali n’en est qu’à préparer les négociations. La FEC est le prêt concessionnel du Fonds aux pays à faible revenu confrontés à des difficultés durables de balance des paiements.
Un programme de référence jugé satisfaisant
Cette mission prolonge deux étapes franchies en 2025 et 2026. Le 16 avril 2025, le conseil d’administration du FMI a approuvé un décaissement d’environ 129 millions de dollars au titre de la Facilité de crédit rapide, soit 50 % de la quote-part du Mali, notamment pour faire face aux inondations de 2024. Ce décaissement avait été précédé, le 30 mars 2025, par l’approbation par la direction du Fonds d’un programme de référence, suivi par les services du FMI. Ce type de programme ne prévoit aucun financement : il sert à constituer des antécédents de bonne gestion, en vue d’un arrangement dit « de tranche supérieure de crédit », catégorie dont relève la FEC.
Le 18 mars 2026, la direction du FMI a approuvé la seconde et dernière revue de ce programme. Selon le communiqué n° 26/85 du 23 mars 2026, tous les objectifs quantitatifs et les réformes structurelles prévus ont été réalisés. Cette revue n’est pas passée devant le conseil d’administration : le rapport du FMI précise que ces programmes n’exigent pas son approbation et ne lui sont transmis que pour information.
Le dernier arrangement FEC du Mali remonte au 28 août 2019 : un programme de trois ans d’environ 191,9 millions de dollars, dont le conseil avait encore examiné des revues en février 2021.
Ce que disent les chiffres du FMI
Le rapport des services du FMI sur la seconde revue (rapport pays n° 26/165, finalisé le 18 mars 2026) estime la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel à 4,9 % en 2025 et la prévoit autour de 5,5 % en 2026. L’inflation est estimée à 2,9 % en 2025. La dette publique de l’administration centrale représentait 41,9 % du PIB fin 2025, avec un risque de surendettement jugé « modéré ». Le déficit budgétaire est estimé à 1,6 % du PIB en 2025 et attendu à 2,4 % en 2026. Les arriérés intérieurs atteignaient 213 milliards de francs CFA (1,2 % du PIB) fin 2025.
L’or reste au cœur des perspectives. Dans un encadré consacré à la plus grande mine d’or du pays, sans nommer l’exploitant (il s’agit du complexe de Loulo-Gounkoto, exploité par le canadien Barrick), le rapport indique que la production est tombée à moins de 3 tonnes en 2025 et devrait remonter à au moins 10 tonnes en 2026. Le 24 novembre 2025, l’exploitant a annoncé un accord avec l’État réglant leur différend : la mine est passée sous le code minier de 2023, la procédure d’arbitrage a été retirée et le permis renouvelé pour dix ans en février 2026. Le FMI chiffre le paiement de règlement à 244 milliards de francs CFA, compensations de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et avance antérieure comprises.
Le rapport cite aussi les pénuries de carburant de fin 2025 parmi les causes du ralentissement. Le Fonds recommande une gestion « transparente et prudente » des recettes exceptionnelles liées à la hausse des cours de l’or.
Sources
- Ministère de l’Économie et des Finances du Mali, communiqué sur la mission du FMI, 9 octobre 2026.
- FMI, communiqué n° 26/85 sur la seconde revue du programme de référence, 23 mars 2026.
- FMI, rapport pays n° 26/165, « Mali: Second Review Under the Staff-Monitored Program », 2026.
- FMI, communiqué n° 19/319 sur l’arrangement FEC de 2019, 28 août 2019.
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