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Malnutrition en RDC : 33 000 enfants soignés au Nord-Kivu en 8 mois

malnutrition en RDC — République démocratique du Congo (RDC) : Médecins sans frontières (MSF) poursuit sa réponse face à

La malnutrition en RDC atteint des proportions alarmantes : entre janvier et août 2026, plus de 33 000 patients ont déjà été soignés dans la seule province du Nord-Kivu, dans des structures soutenues par Médecins sans frontières (MSF). Sur l'ensemble de l'année 2025, 53 000 enfants avaient été pris en charge pour malnutrition dans les établissements appuyés par l'organisation en RDC. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : des familles chassées de leurs terres par les combats entre les forces congolaises et l'AFC/M23, privées d'accès à la nourriture, à l'eau potable et aux soins.

Analyse NotreAfrik — La province du Nord-Kivu est au cœur de la crise humanitaire en RDC depuis plus de deux décennies, alimentée par des cycles successifs de conflits armés impliquant des dizaines de groupes armés. Le mouvement AFC/M23, soutenu selon l'ONU par le Rwanda, a intensifié ses offensives depuis fin 2023, provoquant des vagues de déplacements massifs. La réduction des financements américains à l'aide internationale en 2025 a aggravé le sous-financement chronique des programmes de nutrition dans la région.
malnutrition en RDC — République démocratique du Congo (RDC) : Médecins sans frontières (MSF) poursuit sa réponse face à
© APO Group

Malnutrition en RDC : 46 % de malnutrition aiguë à Walikale, une urgence documentée

À Walikale, l'une des zones les plus touchées du Nord-Kivu, une analyse conjointe du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l'UNICEF publiée en novembre 2025 a révélé un taux de malnutrition aiguë globale de 46 %, qualifiant la situation d'urgente. En mars 2026, une évaluation de MSF à Katoyi a établi que près d'un enfant sur quatre dépisté souffrait de malnutrition aiguë — ce qui a conduit l'organisation à y lancer une intervention d'urgence. MSF soutient dans cette zone cinq structures de prise en charge ambulatoire pour les enfants, en plus d'unités de nutrition thérapeutique intensive implantées dans des hôpitaux de référence à Mweso, Walikale, Kibirizi, Masisi et Bambo.

La crise est amplifiée par deux facteurs structurels. D'un côté, les déplacements forcés : selon les Nations unies, près de 5 des 6,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur de la RDC se concentrent dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri. Des familles entières ont perdu simultanément leur logement, leurs terres et leurs revenus. « La vie à Bunyakiri était difficile, mais plus stable. J'avais accès à mes champs et je pouvais cultiver ma nourriture. Ici, il est devenu très difficile de se nourrir », témoigne Jawadi, 32 ans, qui a fui le Sud-Kivu avec sa famille et conduit son fils de 14 mois à l'hôpital de Walikale pour malnutrition. De l'autre côté, l'effondrement du financement humanitaire : selon l'UNICEF, seuls 4,3 % des besoins de financement 2025 pour les interventions de sécurité alimentaire en RDC ont été couverts.

Des financements à 4,3 % : MSF seule face à une crise systémique

Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 26 millions de personnes en RDC ont fait face à des niveaux de crise ou d'urgence alimentaire en 2025, dont près de 4 millions au Nord-Kivu. Dans certaines zones, MSF est désormais la seule organisation humanitaire médicale internationale à intervenir de façon constante. « Dans les centres de santé non soutenus par MSF, nous constatons des rayons de pharmacie parfois presque vides. Dans certaines structures, les aliments thérapeutiques prêts à l'emploi font totalement défaut », avertit le Dr Fabien Kabongo, coordinateur médical adjoint de MSF au Nord-Kivu. L'organisation appelle à un financement pérenne, rappelant qu'elle « ne peut pas se substituer à elle seule à l'ensemble de la réponse humanitaire ».

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Avec APO Group.

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