Le mobile money gagne de la marge dans l’Union monétaire ouest-africaine. À partir du 2 novembre 2026, un client pourra détenir jusqu’à 4 millions de francs CFA en monnaie électronique auprès d’un même émetteur, contre 2 millions aujourd’hui, et recharger jusqu’à 15 millions par mois, contre 10 millions. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) l’a décidé par une instruction signée le 8 octobre 2026.
Le texte, l’instruction n° 020, modifie le cadre de 2015 qui régit les émetteurs de monnaie électronique. Les deux plafonds se lisent séparément : le premier porte sur l’argent détenu, le second sur les sommes rechargées dans le mois.
Mobile money : ce qui change pour les clients
Le plafond vaut par client et par émetteur. Avoir plusieurs portefeuilles chez le même opérateur ne le multiplie pas : les avoirs sont additionnés. Les distributeurs et les commerçants qui acceptent la monnaie électronique dans leur activité ne sont pas concernés.
La réforme ne transforme pas pour autant le portefeuille en crédit. Le cadre de 2015 interdit aux émetteurs de prêter à leurs clients : un plafond plus élevé permet de garder davantage d’argent reçu, il ne crée aucune ressource supplémentaire.
Une règle de liquidité assouplie
Un changement moins visible concerne les émetteurs. Les fonds de leurs clients doivent être couverts par des actifs, dont des dépôts bancaires immédiatement disponibles. La part minimale conservée en dépôts à vue passe de 75 % à 65 %, selon la comparaison des deux textes : c’est un assouplissement, qui laisse aux émetteurs plus de latitude pour placer les fonds, même si certaines présentations parlent de réserves « renforcées ». La capacité à rembourser les clients à tout moment mérite d’autant plus d’être suivie.
La gratuité des transferts, limitée
Le 2 novembre marque aussi une autre échéance, fixée par un communiqué distinct de la BCEAO du 2 octobre 2026. Les transferts entre particuliers passant par la plateforme de paiement instantané de la banque centrale, la PI-SPI, ne resteront gratuits à l’envoi que jusqu’à 8 000 francs CFA par jour, par utilisateur et par établissement. La réception restera gratuite. Au-delà du seuil, des frais de 0 à 0,8 % du montant pourront s’appliquer. L’alignement des tarifs entre transferts nationaux et transferts entre les huit pays de l’UEMOA est prévu pour le 1er juin 2027.
La réforme accompagne un marché en pleine expansion. Selon Forbes Afrique, les établissements de monnaie électronique de l’UEMOA comptaient 172,9 millions de comptes en 2025, pour des transactions en hausse de 31,4 %, à 164 169 milliards de francs CFA.
Pour les familles qui reçoivent de l’argent de la diaspora, le plafond plus élevé ne dit rien du coût du transfert international lui-même. D’ici au 2 novembre, les opérateurs devront expliquer clairement les nouvelles règles, pour qu’elles ne soient prises ni pour une gratuité générale, ni pour une offre de crédit.
Sources
- BCEAO, instruction n° 020 du 8 octobre 2026, instruction n° 008-05-2015 et communiqué du 2 octobre 2026 sur la PI-SPI.
- Sikafinance et Financial Afrik, 9 octobre 2026 ; Forbes Afrique et Capmad, octobre 2026.
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