Au Gabon, la production extractive repart, mais reste à la merci des pannes. Au deuxième trimestre 2026, elle a progressé de 1,2 %, portée à la fois par le pétrole brut, le manganèse et le gaz naturel, selon la note de conjoncture sectorielle de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), relayée par Gabon Review et L’Union. L’ensemble de l’économie a renoué avec la croissance, à +0,6 %, après −4,3 % au premier trimestre.
Le rebond ne compense pas le début d’année. Sur l’ensemble du premier semestre, la note fait état d’un recul de 7,1 % de la production extractive.
Production extractive au Gabon : le détail du rebond
Les trois filières ont contribué. La production de manganèse a augmenté de 2,2 %, soutenue par l’ensemble des gisements à l’exception de celui de Lastourville. Le gaz naturel commercialisé a rebondi de 7,5 %, grâce à la continuité des opérations et à une meilleure disponibilité des équipements de surface. Le pétrole a également progressé, sans que l’extrait publié de la note en précise l’ampleur.
Un premier trimestre plombé par les arrêts
Le premier trimestre avait été très dégradé. La production globale avait reculé de 2,9 %. Le pétrole avait baissé de 4 %, à 2,6 millions de tonnes, en raison d’arrêts techniques et de pannes majeures. Le gaz naturel s’était effondré de 44,9 %, faute d’équipements pour réparer les installations de surface. Seul le manganèse avait progressé, de 8,4 %, porté par Moanda et la reprise de l’activité à Franceville.
Le manganèse affiche pourtant un recul de 1,9 % sur le semestre, en raison de pannes sur le site de Moanda. Les incidents techniques reviennent ainsi d’un trimestre à l’autre, d’une filière à l’autre.
Une fragilité qui dure
Le problème n’est pas nouveau. En 2025 déjà, le secteur extractif avait reculé de 2,7 % et la production pétrolière de 2,9 %, en deçà des prévisions des opérateurs, selon les bilans de la DGEPF. Les champs pétroliers gabonais sont matures, et la note souligne que la croissance du secteur dépend à court terme de la maîtrise des risques techniques.
Le Gabon cherche des relais. Il veut attirer les investisseurs vers ses eaux profondes, encore largement inexplorées, et prévoit de mettre fin aux exportations de manganèse brut à partir de 2029 pour favoriser sa transformation sur place. D’ici là, l’économie gabonaise reste suspendue à la disponibilité de quelques installations.
Sources
- DGEPF, note de conjoncture sectorielle du deuxième trimestre 2026, via Direct Infos Gabon, Gabon Review et L’Union, octobre 2026.
- Gabon Review et Gabon Media Time, premier trimestre 2026 et bilan 2025 ; Ecomatin, bilan 2025 ; Africtelegraph, 9 octobre 2026.
À lire aussi sur NotreAfrik : Gabon TGS : 10 ans de données sismiques, 72 % inexploré · Manganèse : le Gabon arrache à Eramet un cap pour 2031 · Dette publique du Gabon : cap sur 94,3 % du PIB en 2027








