Le Maroc engrange de nouveaux appuis sur le Sahara occidental aux Nations unies. Devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale, en octobre 2026, le Salvador, le Chili, l’Équateur et les pays du Conseil de coopération du Golfe ont exprimé ou réaffirmé des positions favorables à l’initiative marocaine d’autonomie, selon l’agence APA. Ces déclarations interviennent à quelques semaines du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui expire le 31 octobre 2026, un an après une résolution du Conseil de sécurité que Rabat avait qualifiée d’historique.
Soutenir un plan n’est pas reconnaître une souveraineté
Une distinction s’impose. Soutenir le plan d’autonomie, reconnaître formellement la souveraineté marocaine sur le territoire et soutenir le processus politique conduit par l’ONU sont trois positions différentes. Le Salvador a présenté l’initiative marocaine comme un élément important des efforts vers une solution politique ; le Chili et l’Équateur ont exprimé des appréciations favorables tout en maintenant leur référence au processus des Nations unies. Les États du Golfe ont de longue date une position plus explicite en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc. Aucune de ces prises de position ne vaut, en elle-même, reconnaissance formelle.
Sahara occidental : le tournant du 31 octobre 2025
Le 31 octobre 2025, sous l’impulsion des États-Unis, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2797, qui apporte un soutien inédit au plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007. Le texte estime qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer la solution la plus réalisable, appelle les parties, Maroc, Front Polisario, Algérie et Mauritanie, à négocier sans conditions préalables sur cette base, tout en maintenant la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable et la référence à l’autodétermination. Adopté par 11 voix, aucune contre et trois abstentions, il a prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 et demandé une évaluation stratégique de la mission.
Le roi Mohammed VI avait salué un changement historique. Le Royaume-Uni était devenu en juin 2025 le troisième membre permanent du Conseil, après les États-Unis et la France, à soutenir officiellement le plan d’autonomie ; Paris l’avait fait à l’été 2024, au prix d’une forte dégradation de ses relations avec Alger. L’envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, avait lui-même fait part de ses inquiétudes sur le flou du plan marocain lors d’une réunion à huis clos du Conseil en octobre 2025, selon l’AFP.
Des positions toujours opposées
Le différend reste entier. Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome. Le Maroc propose une autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, défend un processus d’autodétermination qui préserve l’option de l’indépendance. L’Algérie, qui a exprimé son hostilité à la résolution de 2025, soutient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Le prochain indicateur sera le texte que le Conseil de sécurité adoptera fin octobre 2026, et l’éventuelle évolution du mandat de la MINURSO. Il dira si la dynamique engagée en faveur de Rabat se confirme, ou si le statut final du territoire reste, comme le rappellent les Nations unies, l’objet d’un processus politique encore inachevé.
Sources
- Nations unies, Quatrième Commission de l’Assemblée générale, octobre 2026 ; APA News, 3 octobre 2026.
- Conseil de sécurité des Nations unies, résolution 2797 (2025), 31 octobre 2025 ; Security Council Report, octobre 2026.
- AFP via Brut, 31 octobre 2025 ; Bladi et Le Desk, 30 et 31 octobre 2025 ; Hespress, déclarations à la Quatrième Commission, 2024 et 2025.
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