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Contraception RDC : 11 % des femmes en union, selon l’EDS

Plaquette de pilules contraceptives, l'une des méthodes de contraception en RDC encore peu utilisées

En République démocratique du Congo (RDC), seules 11 % des femmes de 15 à 49 ans vivant en union utilisent une méthode moderne de contraception, selon la troisième Enquête démographique et de santé (EDS-RDC III 2023-2024). C’est sur ce constat que les autorités sanitaires et l’organisation de marketing social DKT RDC ont célébré, le 26 septembre 2026, la Journée mondiale de la contraception, avec des activités d’information destinées aux jeunes à Kinshasa et dans plusieurs provinces.

Contraception en RDC : ce que dit l’enquête nationale

L’EDS-RDC III, conduite par l’Institut national de la statistique et l’École de santé publique de Kinshasa, dresse un tableau très contrasté selon les provinces. L’utilisation d’une méthode moderne va de 2 % au Bas-Uele et au Tanganyika à 20 % au Nord-Kivu, et atteint 18 % à Kinshasa et dans le Haut-Katanga. Au Sankuru et dans le Haut-Lomami, elle plafonne à 3 %.

La fécondité recule, mais reste élevée : une femme congolaise a en moyenne 5,5 enfants au cours de sa vie, contre 6,6 lors de l’enquête de 2013-2014 et 6,3 en 2007. Selon la même enquête, près d’un enfant sur dix n’atteint pas son cinquième anniversaire, et seules 45 % des femmes ont effectué au moins quatre visites prénatales.

Un besoin sur trois non satisfait, selon le PNSR

Lors de cette journée, le Programme national de santé de la reproduction (PNSR) aurait estimé les besoins non satisfaits en planification familiale à environ 30 %, selon Actualite.cd. Autrement dit, près d’une personne sur trois qui souhaite éviter ou espacer une grossesse n’aurait pas accès à la méthode qui lui convient. NotreAfrik n’a pas pu retrouver ce chiffre dans une publication officielle : il est donné ici sous réserve.

Les obstacles cités sont connus : distance jusqu’aux structures de santé, ruptures de stock, coût, manque d’information, tabous sociaux et difficulté d’obtenir un conseil professionnel. Le PNSR mettrait l’accent sur trois priorités : rapprocher les services de la population, renforcer l’information et réduire les ruptures de stock.

Des activités étendues à six provinces

Les activités ont associé le PNSR, le Programme national de santé de l’adolescent et DKT RDC, antenne de DKT International, une organisation à but non lucratif qui distribue des contraceptifs à prix abordable par le réseau des pharmacies. DKT RDC indique avoir étendu la sensibilisation au Kongo Central, au Haut-Katanga, au Kwilu, au Kasaï Oriental, à la Tshopo et à l’Ituri.

À Kinshasa, l’organisation dit avoir mesuré les connaissances des participants : 91 % savaient que le préservatif réduit le risque de transmission des infections sexuellement transmissibles, et plus de 85 % associaient le bon choix contraceptif à l’information et au conseil d’un professionnel. Ces chiffres ne portent que sur les participants aux activités et ne peuvent pas être étendus à l’ensemble de la population.

Informer ne suffit pas sans produits disponibles

La Journée mondiale de la contraception, qui existe depuis 2007, vise à faire connaître les méthodes disponibles pour permettre des choix éclairés. Mais une campagne produit peu d’effet si la personne informée se rend ensuite dans un centre de santé où la méthode choisie manque. La planification familiale est aussi une affaire de logistique : prévision des besoins, achats, stockage et distribution jusqu’au dernier kilomètre.

L’enjeu touche d’abord les jeunes, public prioritaire de cette journée. Pour une adolescente, une grossesse non désirée pèse sur la santé, mais aussi sur la scolarité et l’avenir professionnel. Les indicateurs à suivre sont simples : la baisse des besoins non satisfaits, la disponibilité des méthodes dans les structures de santé et la continuité des services dans les provinces, bien au-delà du 26 septembre.

Sources

  • INS, ESPK et ICF, EDS-RDC III 2023-2024, fiche des indicateurs clés : dhsprogram.com
  • Actualite.cd, Journée mondiale de la contraception, 29 septembre 2026.
  • Agence congolaise de presse, 29 septembre 2026.
  • DKT RDC, Journée mondiale de la contraception 2026.

À lire aussi sur NotreAfrik : Rwanda : le gouvernement veut autoriser la contraception à partir de 15 ans · Ebola en RDC : 8 067 cas et une riposte fragilisée par l’insécurité · Préqualification OMS : 18 700 $ par dispositif évalué

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