L'emploi des jeunes en Afrique se heurte avant tout à des lacunes structurelles : selon les données de l'Afrobarometer publiées à l'occasion de la Journée Mondiale des Compétences des Jeunes, 26 à 27 % des jeunes interrogés dans 38 pays africains désignent le manque de formation adéquate comme principal frein à leur insertion professionnelle, devant le manque d'expérience (19-20 %). Ces chiffres sont issus de 50 961 entretiens menés en face à face entre 2024 et 2025, dans le cadre du Round 10 de l'enquête Afrobarometer.

Emploi des jeunes : formation et expérience, les deux maillons faibles
Au-delà de la conjoncture économique, d'autres obstacles structurels ressortent clairement de l'enquête. Environ 14 à 15 % des répondants évoquent la réticence des jeunes à occuper certains postes — notamment dans l'agriculture ou des emplois jugés difficiles. L'inadéquation entre les formations dispensées et les besoins réels des employeurs est citée par 14 %, tandis que 11 % pointent un déficit de compétences entrepreneuriales et de motivation chez les jeunes.
Face à ces obstacles, les jeunes africains ont une vision claire de la direction à prendre. En moyenne dans les 38 pays couverts, 48 % estiment que les gouvernements devraient consacrer les dépenses en faveur de la jeunesse à la création d'emplois en priorité. L'éducation arrive en deuxième position (17 %), devant la formation professionnelle (14 %), l'accès aux prêts aux entreprises (13 %) et les services sociaux (8 %). Par ailleurs, l'entrepreneuriat séduit massivement : 50 % des 18-25 ans et 54 % des 26-35 ans préféreraient créer leur propre entreprise, contre seulement 25 % optant pour le secteur public, 13 % pour le secteur privé et 6 % pour les ONG.
Émigration : l'économie comme principale motivation
Le déficit d'opportunités pousse également un nombre croissant de jeunes à envisager l'émigration. Plus de la moitié des jeunes citoyens africains (55 %) ont « au moins un peu » pensé à quitter leur pays, et 43 % l'ont envisagé « quelque peu » ou « beaucoup ». Les raisons sont quasi exclusivement économiques : 52 % cherchent de meilleures opportunités d'emploi, 18 % veulent échapper aux difficultés économiques, 9 % fuient la pauvreté et 6 % invoquent d'autres motifs économiques. Les pays où la tentation d'émigrer est la plus forte sont la Gambie (67 %), le Cabo-Verde (66 %), le Libéria (66 %), la Guinée-Bissau (65 %) et le Ghana (63 %).
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Avec APO Group.








