La richesse cumulée d’Aliko Dangote, Johann Rupert, Nicky Oppenheimer et Nassef Sawiris atteint 57,4 milliards de dollars selon un rapport publié le 10 juillet par l’ONG Oxfam.
Selon un rapport publié le 10 juillet par l’organisation non gouvernementale Oxfam, les quatre plus grandes fortunes africaines dépassent à elles seules la richesse cumulée de la moitié de la population du continent. Selon Oxfam, les fortunes d’Aliko Dangote (Nigeria), de Johann Rupert et Nicky Oppenheimer (Afrique du Sud), et de Nassef Sawiris (Égypte) totalisent 57,4 milliards de dollars.
Cette somme représente plus que ce que possèdent les 750 millions d’Africains les plus pauvres, soit la moitié de la population du continent. Ces fortunes proviennent de secteurs variés comme le ciment, les produits de luxe, les diamants ou l’industrie de la construction, selon le classement Forbes de début 2025.

L’empire industriel Aliko Dangote
Aliko Dangote s’est imposé en moins de deux décennies comme la figure emblématique du capitalisme africain. Parti d’un prêt de 500 000 nairas et de quelques camions, ce Nigérian a bâti un empire industriel qui domine plusieurs secteurs, dont celui du ciment, de l’agroalimentaire, de l’énergie, de la logistique, etc. À la tête du Dangote Group, il pilote quatre sociétés cotées, dont Dangote Cement, la plus grande capitalisation boursière du Nigeria.
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Son groupe s’est étendu bien au-delà des frontières nigérianes, avec des opérations au Sénégal, en Éthiopie, en Côte d’Ivoire ou encore en Tanzanie. Ses marques, comme Dangote Sugar ou Ziza Milk, sont devenues incontournables. Philanthrope reconnu, il œuvre via sa fondation (Aliko Dangote Foundation) pour la santé, l’éducation et l’autonomisation des femmes. Présent sur la scène internationale, il participe régulièrement aux grands forums économiques comme Davos ou Abuja.
Johann Rupert, l’orfèvre du luxe africain
Johann Rupert, quant à lui, a construit sa fortune dans un tout autre univers, celui du luxe. Né le 1ᵉʳ juin 1950 en Afrique du Sud, il est aujourd’hui président de Richemont, le troisième plus grand groupe de luxe mondial. Après des études à Stellenbosch et un passage dans la banque à New York, il fonde Richemont en 1988 en restructurant le conglomérat familial Rembrandt, alors axé sur le tabac.
Sous sa houlette, Richemont acquiert des marques prestigieuses telles que Cartier, Vacheron Constantin, Van Cleef & Arpels, mais aussi IWC, Roger Dubuis et Hackett London. Inspiré par LVMH, il positionne Richemont comme un leader mondial du secteur. Parallèlement, Rupert dirige les sociétés d’investissement Remgro et Reinet, renforçant son poids économique en Afrique du Sud et au-delà. Sa fortune était estimée à 10,7 milliards de dollars en 2024 (Forbes).
De l’héritage minier à l’investissement vert
Chez Nicky Oppenheimer, c’est l’héritage familial qui a été le point de départ d’une trajectoire remarquable. Né en 1945 à Johannesburg, il représente la troisième génération à diriger De Beers, le géant mondial du diamant fondé par son grand-père Ernest. Diplômé d’Oxford, il modernise l’entreprise face aux enjeux éthiques liés aux « diamants de conflit » et la privatise en 2001. En 2012, il vend les parts familiales à Anglo American pour 5,2 milliards de dollars.
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Il se réinvente ensuite dans le capital-investissement, notamment avec Stockdale Street à Londres et Tana Africa Capital à Johannesburg. Sa fortune, estimée à 10,5 milliards de dollars (Forbes 2025), ne l’éloigne pas de ses engagements écologiques. Défenseur de la conservation, il fonde la réserve de Tswalu Kalahari et soutient des initiatives environnementales et éducatives à travers l’Oppenheimer Generations Foundation.
Nassef Sawiris, enfin, représente la nouvelle génération d’entrepreneurs africains à la vision internationale. Né en janvier 1961, ce fils cadet du fondateur d’Orascom est diplômé de l’université de Chicago. Très tôt engagé dans l’entreprise familiale, il transforme Orascom Construction Industries en acteur clé du BTP et du ciment en Afrique et au Moyen-Orient. Il diversifie ensuite les activités vers les engrais chimiques, un secteur où il devient un leader mondial. À l’étranger, il investit 6 % dans Adidas, prise de contrôle du club de football Aston Villa, et incursions réussies dans des marchés atypiques comme le Pakistan, la Namibie, ou même la Corée du Nord.