Déposées il y a quatre ans, les recours mettaient en cause les circonstances du procès et de la condamnation des deux figures politiques.
La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tribunal régional dont la Côte d’Ivoire s’est partiellement désengagée, a rejeté, jeudi 26 juin, deux requêtes introduites par l’ancien président Laurent Gbagbo et l’ex-Premier ministre Guillaume Soro. Tous deux dénonçaient des atteintes à leurs droits fondamentaux dans le cadre de procédures judiciaires menées en Côte d’Ivoire. Les plaintes, déposées il y a quatre ans, contestaient les conditions dans lesquelles les deux personnalités politiques avaient été jugées et condamnées. Ces condamnations, dans des affaires distinctes, ont entraîné leur radiation des listes électorales, les empêchant ainsi de se présenter à l’élection présidentielle de 2025.

Dans son arrêt, la Cour, basée à Arusha (Tanzanie), a estimé que Laurent Gbagbo n’avait pas démontré de manière convaincante les violations alléguées. Elle a conclu que la Côte d’Ivoire n’avait pas enfreint son droit à participer à la vie publique ni fait preuve de discrimination à son encontre. Concernant Guillaume Soro, la cour a jugé son recours irrecevable, estimant qu’il n’avait pas épuisé les voies de recours internes disponibles au moment du dépôt de sa requête.
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Une rupture entre Abidjan et la Cour africaine
En septembre 2020, la CADHP avait pourtant ordonné à la Côte d’Ivoire de réintégrer ces deux hommes politiques sur les listes électorales, les autorisant ainsi à se porter candidats. Toutefois, Abidjan avait déjà annoncé quelques mois plus tôt son retrait de la déclaration de compétence permettant aux individus de saisir la Cour, dénonçant une atteinte à sa souveraineté. Depuis, les autorités ivoiriennes affirment ne plus être tenues par les décisions de la juridiction. Jeudi soir, ni le parti de Laurent Gbagbo ni celui de Guillaume Soro n’avaient réagi à ces décisions.
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Bien que blanchi par la Cour pénale internationale, Laurent Gbagbo reste condamné par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour des faits remontant à la crise postélectorale de 2010-2011. Guillaume Soro, exilé à l’étranger, a quant à lui été condamné à 20 ans de prison en 2020 pour recel de détournement de fonds publics, puis à la réclusion à perpétuité en 2021 pour atteinte à la sûreté de l’État.
Notre Afrik avec AFP








