C’est la 27ᵉ pièce provenant du trésor royal d’Abomey, spoliée par les troupes coloniales françaises à la fin du XIXᵉ siècle.
Hier, mardi 13 mai, le Bénin a officiellement récupéré un kataklè, un tabouret royal à trois pieds, pièce emblématique de son patrimoine. Il s’agit de la 27ᵉ œuvre issue du trésor royal d’Abomey, autrefois pillée par les forces coloniales françaises à la fin du XIXᵉ siècle. Cette restitution a eu lieu au palais présidentiel à Cotonou, marquant une nouvelle étape après le retour en 2021 de 26 œuvres majeures par la France.

Ce siège royal appartenait au roi Béhanzin, dernier souverain du royaume du Danxomè. Il fut saisi en 1892 lors du saccage de son palais par les troupes du général Alfred Dodds. Après un long détour par le musée de l’Homme à Paris, l’objet avait été transféré en 1939 au musée national de Finlande dans le cadre d’un échange de collections. « Le kataklè a été localisé grâce à un travail minutieux de recherche et de coopération entre musées », souligne le ministre béninois de la Culture, Jean-Michel Abimbola. Par ailleurs, il a insisté sur la charge symbolique de cette œuvre. « Chaque pièce arrachée à son environnement d’origine porte en elle une mémoire, une fonction, une voix », précise-t-il.

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Une restitution porteuse de sens
Au-delà de la valeur artistique, le retour de cet objet renforce l’identité nationale selon les autorités. « Cette restitution participe à une dynamique de réappropriation et de préservation du patrimoine culturel », affirme Jean-Michel Abimbola. En outre, il considère le kataklè comme un maillon essentiel de la mémoire collective béninoise. Par ailleurs, la ministre finlandaise de la Culture, Mari-Leena Talvitie, présente lors de la cérémonie, a salué la qualité des relations entre les deux pays et s’est dite « heureuse que cette pièce ait été conservée dans d’excellentes conditions ».
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Pour les descendants des rois d’Abomey, ce retour revêt une portée particulière. En effet, Dah Metokan Ghézo, prince et dignitaire âgé de 59 ans, a rappelé l’importance rituelle du kataklè. « C’est un élément fondamental des cérémonies traditionnelles ; il symbolise la stabilité, l’autorité et l’unité », dit-il. Ce tabouret était utilisé lors des sacres royaux, en tant que premier siège du couronnement.
Notre Afrik avec AFP








