Alors que l’échéance de l’élection du prochain président de la Banque Africaine de Développement (BAD) approche, la course pour ce poste stratégique s’intensifie.
À quelques mois de l’élection du prochain président de la Banque Africaine de Développement (BAD), prévue pour mai 2025, la course s’intensifie avec déjà plusieurs candidatures déclarées. L’un des candidats en lice est Mahamat Abbas Tolli, ancien Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Son parcours à la tête de cette institution financière lui confère une solide expérience, et il est perçu comme une figure capable de représenter efficacement la région de l’Afrique centrale. De son côté, Romuald Wadagni, actuel Ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, s’appuie sur les réformes économiques qu’il a orchestrées dans son pays pour se positionner comme le choix de l’Afrique de l’Ouest. Sa candidature est soutenue par plusieurs pays de la CEDEAO, ce qui renforce sa position dans cette compétition.
Plus récemment, Samuel Munzele Maimbo, un économiste zambien, a été désigné par la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) lors de son sommet en août 2024. Cette nouvelle candidature, qui apporte un poids supplémentaire à la région de l’Afrique australe, introduit un nouvel élément dans la course, ajoutant encore plus d’incertitude à l’élection.

Traditionnellement, les élections à la présidence de la BAD ont été marquées par un principe non écrit de rotation régionale, un mécanisme destiné à garantir une représentation équilibrée des différentes régions du continent africain. Cependant, ce principe semble aujourd’hui menacé. L’influence croissante des États non africains, qui sont aussi membres de la Banque, a profondément modifié les dynamiques de ces élections. Ces membres non régionaux, dont les voix sont pondérées en fonction de leur contribution financière, tendent à orienter les résultats en fonction de leurs propres intérêts stratégiques, reléguant ainsi au second plan les considérations régionales.

Par ailleurs, malgré son parcours, Mahamat Abbas Tolli ne fait pas l’unanimité, même au sein de son propre camp. Et cette division interne a ouvert la porte à d’autres régions pour présenter leurs propres candidats, brisant ainsi l’équilibre traditionnel. Au-delà des compétences des candidats, ce scrutin pourrait redéfinir les équilibres de pouvoir au sein de la BAD. Les alliances, qui se forment et se défont en coulisses, seront déterminantes pour l’issue du vote. Les candidats devront faire preuve de diplomatie pour naviguer entre les attentes souvent divergentes des États membres régionaux et non régionaux.
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En attendant le scrutin, les spéculations se multiplient quant à l’émergence possible de nouvelles candidatures, ce qui pourrait encore bouleverser les équilibres actuels. Dans ce contexte, la capacité des candidats à rassembler un large soutien sera cruciale. Le futur président de la BAD devra non seulement faire preuve de leadership pour guider l’institution, mais aussi rétablir l’esprit de cohésion et de coopération qui a longtemps caractérisé la Banque.
Abdoulaye YERO
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