Sénégal : poursuites envisagées après le rapport de la Cour des comptes

Le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, indique que le document révèle des irrégularités qui peuvent inclure des délits tels que « faux en écriture, détournements de fonds publics, blanchiment d’argent et enrichissement illicite ».

Le gouvernement sénégalais a annoncé, jeudi, la possibilité de poursuites judiciaires à l’encontre des responsables des « manquements graves » identifiés par la Cour des comptes dans un rapport publié la veille. Ce rapport remet en question les chiffres officiels de la dette et du déficit budgétaire sous l’ex-président Macky Sall. Selon le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, l’exploitation du rapport a mis en lumière des irrégularités qui pourraient inclure des délits tels que « faux en écriture, détournements de fonds publics, blanchiment d’argent et enrichissement illicite ».

Sénégal : poursuites envisagées après le rapport de la Cour des comptes
Ousmane Diagne et Ousmane Sonko, le 26 septembre 2024 à Dakar

Ces irrégularités pourraient concerner des anciens ministres et des directeurs généraux. Ousmane Diagne a précisé que le gouvernement prévoyait de prendre « toutes les mesures judiciaires nécessaires pour éclaircir ces faits », identifier les responsables et les traduire en justice. Par ailleurs, la Cour des comptes, institution indépendante, a indiqué que les faits constatés pourraient constituer des fautes de gestion, des irrégularités ou même des infractions pénales.

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Des chiffres de la dette et du déficit réévalués

Le rapport de la Cour des comptes révèle que la dette publique représente 99,67 % du PIB, soit un taux bien plus élevé que celui annoncé par le gouvernement précédent. De même, le déficit budgétaire pour 2023, recalculé à 12,3 %, dépasse largement les 4,9 % initialement déclarés. La Cour des comptes a également dénoncé une « dette bancaire importante contractée en dehors du circuit budgétaire » et non retracée dans les comptes officiels de l’État. Ce rapport survient après que le Premier ministre Ousmane Sonko ait accusé fin septembre l’ex-gouvernement de falsifier les chiffres des finances publiques.

Lire : Sénégal : des « anomalies » détectées dans la gestion des finances publiques de 2019 à 2024

L’Alliance pour la République (APR), l’ex-parti au pouvoir sous Macky Sall, a réagi en rejetant les accusations, les qualifiant de « grossières » et dénonçant une « machination politicienne ». Selon l’APR, cette manœuvre viserait à faire porter la responsabilité des échecs actuels sur l’ancien gouvernement, sans se pencher sur des questions de transparence ou de respect du principe de contradiction dans le rapport.

Notre Afrik avec AFP

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