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Identité numérique Côte d’Ivoire : étude lancée, 11 M de NNI

Vue d'Abidjan, où la Côte d'Ivoire lance l'étude de sa plateforme d'identité numérique

L’identité numérique en Côte d’Ivoire entre en phase d’étude. Abidjan a lancé le 5 octobre 2026 l’étude de faisabilité d’une plateforme nationale d’authentification et d’un portefeuille d’identité numérique, qui doit permettre aux administrations et aux entreprises de vérifier en ligne l’identité des citoyens. L’outil s’appuierait sur l’identifiant biométrique unique déjà attribué à 11 millions de personnes. Les résultats sont attendus d’ici janvier 2027 : le gouvernement ne présente pas un service prêt à l’emploi, mais une mission chargée de comparer les scénarios et de définir les garanties.

Une cérémonie au Plateau, un financement de la BAD

L’étude a été lancée lors d’une cérémonie à Abidjan-Plateau, coprésidée par le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, et le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, dans le cadre du Projet d’appui au renforcement de l’administration électronique (PARAE), cofinancé par la Banque africaine de développement. Le coordonnateur du PARAE a indiqué que l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) porterait le projet. L’étude doit examiner les fonctions d’identification d’une personne, de vérification de son accès, de validation de certains attributs ou droits, puis d’autorisation d’accès à un service ; elle doit établir un diagnostic, comparer des scénarios et proposer une trajectoire de mise en œuvre.

Une base déjà construite : 11 millions de NNI

La plateforme s’appuierait sur le système d’identification géré par l’ONECI, qui combine l’état civil et les données biométriques pour générer un identifiant unique, le Numéro national d’identification (NNI), ainsi que sur le Registre national des personnes physiques (RNPP). Selon le directeur général de l’ONECI, Ago Christian Kodia, le NNI a déjà été attribué à 11 millions de personnes. Disposer d’un identifiant ne suffit pas : il faut que banques, opérateurs de mobile money, administrations ou plateformes puissent vérifier, de manière sûre et instantanée, qu’une personne est bien celle qu’elle prétend être. La Côte d’Ivoire a présenté cette architecture à l’assemblée générale d’ID4Africa, organisée à Abidjan du 12 au 15 mai 2026, en défendant le passage d’une gestion administrative de l’identité à une infrastructure publique numérique. Selon le ministère, l’objectif est de déterminer quelles capacités existantes réutiliser, renforcer ou compléter, plutôt que d’ajouter une plateforme de plus.

Identité numérique en Côte d’Ivoire : des usages qui existent déjà

En janvier 2026, l’ONECI et La Poste de Côte d’Ivoire ont lancé l’application « MaPoste », qui donne accès aux services postaux et administratifs grâce à l’identité numérique. Le pays a numérisé les demandes de visa, la délivrance d’actes d’état civil et de certificats de nationalité, et son portail public est passé de 17 à 700 services en ligne. Les usages annoncés pour le portefeuille sont concrets : accéder à une prestation sociale, créer une entreprise, faire reconnaître un diplôme ou accomplir une formalité sans déposer à nouveau tout son dossier. Cette simplification suppose des registres exacts, mis à jour et accessibles aux seules administrations habilitées.

La couverture et la confiance, deux conditions

Le principal défi reste la couverture. Comme le reconnaît le directeur général de l’ONECI, le renouvellement des cartes nationales d’identité reste un enjeu, et une partie de la population n’est pas encore pleinement identifiée. Une plateforme d’authentification ne sera inclusive que si l’identification de base atteint l’ensemble des citoyens, et si des parcours d’assistance existent pour les personnes sans smartphone ou sans connexion fiable. Le Bénin, qui a rendu les actes de naissance gratuits, affronte le même préalable.

La confiance dépendra autant des règles que des outils. Les autorités ont mis en avant la minimisation des données échangées, la maîtrise des traces de transactions et la prévention du rapprochement abusif des usages d’une même personne. Ces garanties sont décisives : une identité numérique conçue pour faciliter les démarches peut aussi concentrer des données sensibles si les droits d’accès, les finalités et les responsabilités ne sont pas encadrés. La prochaine échéance est le rapport attendu en janvier 2027, qui devrait fournir une comparaison de scénarios et les conditions de déploiement. Il faudra ensuite suivre les décisions d’investissement, les textes applicables, l’architecture retenue et le calendrier des services pilotes.

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