Vie chère : La hausse des prix suscite la grogne au Benin

En quelques semaines, le prix de certaines denrées de première nécessité a quasiment doublé sur les marchés.

« Au marché de Cococodji, le sac de maïs de 100 kg coûte désormais 45 000 Fcfa. Alors qu’il y a deux mois, le même sac coutait 25 000 Fcfa », fait savoir Barakatou, une consommatrice à l’AFP. Elle note également la hausse du prix du gari (farine ou semoule de manioc précuite), passé de 200Fcfa à 400Fcfa, et des haricots, variant de 850 à 1000Fcfa le kg selon la qualité. Une augmentation imprévue qui perturbe ses plans budgétaires et l’oblige à réduire d’autres dépenses. Cette situation impacte négativement le quotidien des consommateurs. « Aller au marché est devenu un véritable calvaire. Tout est devenu si cher que nous sommes désespérés », confie Roberte Akododja, propriétaire d’un petit restaurant à l’AFP.

Avec une production annuelle d’environ 2 millions de tonnes, le maïs est la principale culture vivrière du pays. Cette culture joue un rôle crucial dans l’alimentation de la population et la sécurité alimentaire des habitants. Selon Elocio, une ONG de l’université de Liège, les Béninois consomment en moyenne 246g de maïs par personne et par jour. Au marché de Dantokpa à Cotonou, le prix du kilogramme de maïs est passé de 200 Fcfa à 400Fcfa, selon les commerçants. Le sac de 120 kilogrammes peut désormais atteindre 36 000 Fcfa alors qu’auparavant il ne dépassait pas les 30 000 Fcfa. En raison de cette hausse, certaines entreprises dans la capitale économique du Bénin tournent au ralenti. Dans ce marché par exemple, la boutique de vente de maïs appartenant à la famille Makpènon connaît une baisse de fréquentation ces derniers jours.

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Cette augmentation des prix au Bénin découle de la fermeture de la frontière avec le Niger, principal partenaire commercial du pays, conséquence d’un coup d’État survenu en juillet 2023. De plus, la fin de la subvention des carburants au Nigeria voisin, principal fournisseur du Bénin en carburant pour sa consommation intérieure, a également contribué à cette hausse des prix. Les travailleurs peinent à se faire entendre. « Nous avons des revendications, mais aucun moyen de les exprimer », explique Arsène Olory-Togbe, infirmier.

La flambée des prix des denrées alimentaires dans ce pays d’Afrique de l’Ouest a poussé les syndicats béninois à organiser une série de manifestations contre le coût de la vie. Malgré l’interdiction et l’annulation de leurs descentes dans les rues ces derniers jours, les syndicalistes ont de nouveau appelé la population à protester ce samedi 11 mai contre la hausse des prix dans la capitale économique du Bénin. «Aucun travailleur n’est heureux de descendre dans la rue, ce n’est jamais de gaieté de cœur. Mais dans certaines situations, c’est nécessaire », justifie Segbedji, du syndicat des enseignants. « Nos revendications concernent le mal-être généralisé parmi les citoyens aujourd’hui, la vie chère et la diminution du pouvoir d’achat », indique a l’AFP Anselme Amoussou, secrétaire général de la CSA Bénin, la deuxième plus grande organisation syndicale du pays.

Sonia Feugap avec AFP