Tunisie : une avocate arrêtée pour propos ironiques sur la situation du pays

 

La femme de droit a été embarquée par la police samedi 11 mai. Elle est accusée de diffusion de “fausses informations”.

Tout est parti d’une émission de télévision sur la chaine Carthage+ mardi dernier. Durant les échanges, l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani a alors ironiquement demandé “de quel pays extraordinaire parle-t-on?”, en réponse à un autre chroniqueur qui affirmait que des migrants de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne cherchaient à s’installer en Tunisie. Le samedi 11, alors qu’elle était en plein direct avec France 24 dans la maison de l’avocat de Tunis où elle avait trouvé refuge, elle a été arrêtée par la police.

L’avocate est accusée de diffusion de “fausses informations” dans le but de menacer la sécurité publique et d’incitation à la haine. En vertu du décret-loi 54 promulgué en septembre 2022 par le président Kais Saied, l’avocate encourt une peine allant jusqu’à cinq ans de prison. Le jeudi 9 mai, Sonia Dahmani avait reçu une convocation à comparaître devant un juge d’instruction le vendredi 10, sans que les motifs ne soient précisés. L’avocate a donc refusé de se présenter devant la justice sans avoir les raisons de cette convocation. En raison de son absence, un mandat d’amener a été émis à son encontre par le juge d’instruction. Son arrestation a été filmée par France 24.

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La chaine de télévision a été contrainte d’interrompre sa diffusion en direct car les policiers ont arraché violemment la caméra de son trépied. « Les policiers ont fini par arracher violemment la caméra de son trépied, mettant fin à la diffusion de la scène en direct, et ont arrêté Hamdi Tlili. Le caméraman a été relâché après une dizaine de minutes et la correspondante de France 24 va bien », a déclaré la chaîne, qui a diffusé les images de la scène sur X. Le média qui couvrait le mouvement de soutien à l’avocate sur place, a protesté vivement contre l’attitude des policiers encagoulés.

Dalila Msaddek, un membre de son équipe de défense, a signalé l’assaut de la police contre la Maison de l’avocat sur Facebook. Il déclarait dans son post que l’avocate a été amenée vers une destination inconnue. France 24 a condamné fermement ces actes, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse et une intervention brutale et intimidante des forces de l’ordre.

Sonia Feugap avec AFP