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Crise RD Congo : 2 186 violations, 6 millions de déplacés

crise RD Congo — République démocratique du Congo (RDC) : les accords de paix se multiplient, la guerre continue

La crise RD Congo atteint un niveau alarmant : plus de 6 millions de personnes déplacées, 26 millions confrontées à l'insécurité alimentaire aiguë, et 3 699 décès liés à la résurgence d'Ebola au 19 septembre. Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, mardi, l'envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, a livré un constat brutal : les accords de paix s'accumulent, mais les combats ne s'arrêtent pas.

Analyse NotreAfrik — Le conflit dans l'est de la RDC dure depuis plus de trois décennies et a connu plusieurs cycles de négociation infructueux. La présence de l'AFC/M23, soutenue selon l'ONU par l'armée rwandaise — ce que Kigali conteste —, ajoute une dimension régionale qui complique tout règlement bilatéral. Les ressources minières de l'est congolais (coltan, or, cassitérite) constituent un moteur économique du conflit documenté depuis les années 1990.
crise RD Congo — République démocratique du Congo (RDC) : les accords de paix se multiplient, la guerre continue
© APO Group

La crise RD Congo en chiffres : 2 186 violations, 6 millions de déplacés

Jamais les initiatives diplomatiques n'ont été aussi nombreuses autour de l'est du Congo. À Washington, les États-Unis parrainent un processus de paix entre Kinshasa et Kigali. À Doha, le Qatar facilite des négociations entre le gouvernement congolais et l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). L'Union africaine, de son côté, tente de coordonner ces efforts et de rétablir la confiance entre les capitales de la région. Un protocole de désarmement a même été conclu entre les autorités congolaises et des représentants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Pourtant, « un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser », a déploré Huang Xia.

Sur le terrain, la violence continue de frapper en premier lieu les civils. Au Sud-Kivu, les combats se sont intensifiés dans les territoires de Mwenga et de Fizi, avec un recours croissant aux drones armés, à l'artillerie lourde et aux explosifs dans des zones habitées. Au Nord-Kivu, des affrontements ont été signalés à Masisi, Lubero et Walikale. Entre le 16 mars et le 15 septembre, l'ONU a recensé 2 186 violations et atteintes aux droits humains imputées aux groupes armés — soit 70 % du total documenté —, l'AFC/M23 étant seul responsable de la moitié de ces exactions. Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l'organisation État islamique, ont été impliquées dans 211 incidents ayant fait 468 victimes civiles. Les FDLR sont quant à elles responsables de 94 incidents et de la mort de 40 civils. Les forces de sécurité congolaises elles-mêmes se voient attribuer 891 violations.

Les minerais, carburant d'une guerre que la diplomatie n'éteint pas

Au-delà des chiffres humanitaires, le rapport de l'ONU pointe les ressorts économiques qui alimentent le conflit : l'exploitation et le trafic illégaux de minerais continuent de financer les groupes armés et d'entretenir les rivalités régionales. Huang Xia a plaidé pour une meilleure traçabilité des chaînes d'approvisionnement. Il a également averti que la méfiance persistante entre Kinshasa et Kigali — mais aussi entre le Rwanda et le Burundi — fait peser le risque d'une confrontation régionale à partir d'un simple incident frontalier. « Pareille fenêtre ne reste pas ouverte indéfiniment », a-t-il déclaré, appelant les parties à bâtir « la confiance par les actes plutôt que par les déclarations ».

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Avec APO Group.

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